‹ Le RégentChapitre 131 sur 196 · Paris, 22 décembre 1719. Weber, p · texte numérisé non relu

Paris, 22 décembre 1719. Weber, p

l'une, un foyer de menées dangereuses avec la vieille cour; de l'autre, une base éventuelle d'opérations pour le Prétendant; ainsi, point de sécurité à Paris ni à Londres.

De là, l'empressement des deux gouvernements français et anglais à se supplanter l'un l'autre dans les bonnes grâces du roi et de la reine d'Espagne, avec Gibraltar pour enjeu de cette partie bizarre, le Régent offrant bruyamment à l'Espagne une place dont il n'avait ni le droit ni le moyen de disposer ; le roi George, tout prêt à la restituer, mais à bon escient, pourvu qu'il en eût le mérite auprès de Philippe Y, et qu'à cette complaisance il ne risquât pas, lui, son trône d'Angleterre, ses ministres, leur tête1.

Mais enfin, mieux inspirées, les deux puissances rivales s'aperçurent qu'au lieu de se faire échec mutuellement, le plus sage était de s'entendre, de combiner leurs efforts pour parvenir à un traité d'alliance entre les trois Etats; et alors nécessairement on se présenterait en arbitres au congrès de Cambrai. Sous l'impulsion du P. Daubenton, Philippe V adhéra, en principe, à cette union. Le premier pas fut le traité de Madrid (27 mars 1721), entre les rois de France et d'Espagne, stipulant une alliance défensive avec garantie réciproque de leurs royaumes, provinces, états, les offices les plus « pressants » du roi de France pour la restitution de Gibraltar au roi d'Espagne et pour le règlement des affaires de Toscane, de Parme et Plaisance.

Un article séparé portait que, comme il convenait également aux intérêts de la France et de l'Espagne d'inviter le roi delà Grande-Bretagne à entrer dans leur union pour le maintien de la tranquillité publique, elles agiraient de concert pour porter ce prince à prendre conjointement avec

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