Baudrillart, t. II, p. 449-456. Dumont, Corps cliplom
2. Baudrillart, t. II, p. 460 et 461, p. 467. L. Mahon, vol. II, p. 137.
et les Espagnols, s'employa avec ardeur à faire accepter des uns et des autres, à titre d'équivalent, le rétablissement du traité de décembre 1715 et de la déclaration de 1717, œuvres d'Alberoni qui favorisaient le commerce anglais en haine de la France. Son zèle avait l'excuse d'un intérêt supérieur, par exemple d'empêcher un rapprochement entre l'Angleterre et l'Autriche. Mais où il passa les bornes, ce fut en insistant auprès du colonel Stanhope pour qu'il insérât dans le traité général d'alliance entre les trois Etats un article confirmant les conventions de commerce qui, primitivement, devaient figurer dans une pièce séparée sous la signature seulement du ministre Grimaldo et de Stanhope. Il apportait étourdiment la garantie de la France à des arrangements commerciaux dont les Anglais devaient profiter à l'exclusion des Français, alors qu'au traité du 27 mars, Philippe V, pour toute faveur aux Français, les avait rétablis simplement dans les privilèges dont ils jouissaient avant son avènement. Stanhope repoussa tout d'abord cette immixtion de la France dans la discussion des intérêts particuliers entre l'Angleterre et l'Espagne. De guerre lasse, il y consentit.
Enfin, le 13 juin 1721, les trois négociateurs, Maulevrier, Stanhope et Grimaldo, s'enfermèrent en grand mystère dans le palais du roi et procédèrent à la signature de la nouvelle triple-alliance. Les termes reproduisaient exactement ceux du traité du 27 mars entre la France et l'Espagne. Une déclaration signée seulement de Maulevrier et de Grimaldo portait que ce traité de mars entre la France et l'Espagne continuerait de subsister dans toute sa force l.
L'ambassadeur français, en rentrant chez lui tout triomphant, trouva déposées sur son bureau des dépêches de
i. Baudrillart, t. II, p. 465.
Dubois, datées du 7 juin, où le ministre, tant au nom du Régent qu'en son propre nom, blâmait l'idée qu'il avait poursuivie auprès du colonel Stanhope d'incorporer au traité les arrangements commerciaux entre l'Espagne et l'Angleterre. « En sorte, disait Dubois, que comme ces conventions et ces traités ont été faits sans l'intervention de la France dans leur origine, il ne parût pas que S. M. y entrât dans une circonstance où rien dans l'affaire ni les intéressés ne l'invitent aie faire et lorsque, en effet, ce sont pour la plupart des stipulations qui donnent aux Anglais des privilèges et des avantages exclusifs, contraires aux intérêts des sujets du Roi, et dont S. A. R. aurait été bien éloignée de désirer le rétablissement et la confirmation, si des raisons beaucoup plus intéressantes pour la France et pour l'Espagne ne l'avaient engagée à vous prescrire de ne pas vous y opposer1 ».
Ne pas s'opposer : le Régent ne voulait ni ne pouvait s'opposer à ce rétablissement des privilèges des Anglais; sans quoi, pas de traité, mais il entendait n'y pas travailler de ses mains au détriment du commerce français. C'est ce que l'ambassadeur, dans l'ivresse d'une si grande négociation, avait perdu de vue. Il courut demander à Stanhope d'annuler cet article : vaine requête. Celui-ci, réfractaire auparavant à l'idée d'introduire la garantie de la France dans des stipulations commerciales entre l'Angleterre et l'Espagne, avait fini par s'en rendre compte comme d'un avantage inespéré. Il refusa de rien changer; et Maulevrier en fut pour sa malencontreuse bonne volonté et sa fausse manœuvre.
Dubois blâma l'agent qui n'avait pas compris ses instructions sur ce point; cependant il ne le désavoua pas. Son