CHAPITRE XXI
L'été de 1721, où la réconciliation et l'amitié relièrent ensemble, par un traité, la France, l'Angleterre et l'Espagne, pour la plus grande sécurité de l'Occident, vit aussi la paix renaître dans le Nord.
Une suite d'heureuses négociations conduites par l'Angleterre et la France avaient réconcilié avec la Suède les Etats qui, pour la dépouiller, avaient épousé la cause de la Russie, c'est-à-dire le Hanovre, la Prusse, la Pologne, le Danemark. La Suède et la Russie restaient seules en face l'une de l'autre, duel inégal, où la première n'était même plus de force à se garer des atteintes que lui portait la savante férocité de son adversaire. Stanhope avait rêvé un coup de foudre sur la marine moscovite. L'amiral Norris, moins audacieux que Byng dans les mers de Sicile, ne parut dans la Baltique que pour tenir son pavillon loin du théâtre de la guerre. « Il paraît que les Anglais en firent trop s'ils n'étaient que médiateurs, et trop peu s'ils étaient ennemis1. » Stanhope avait renoncé dès lors à une