mars 1720. Sévelinges, t. I, p
Pontife. Un jour, quelle douce surprise! c'est le Saint-Père qui lui dit qu'il attend lui-même une grâce de l'abbé Dubois, savoir que son neveu Alexandre Albani, nonce à Vienne, soit invité à prendre part au futur congrès. L'évêque de Sisteron s'empresse de garantir la bonne volonté de son patron; et comme le pape, poussant son avantage, se plaint du fardeau de ses dépenses pour le chevalier de Saint- George, l'évêque déclare que si le pape se décide enfin à acquitter sa promesse du chapeau, on défraiera le chevalier par voies secrètes, et l'honneur continuera d'en appartenir à Sa Sainteté. Le pape, satisfait en apparence, promet de réfléchir mûrement. Lafiteau donne dans le panneau; il écrit à l'abbé qu'il tient le chapeau. Mais nouveau détour de stratégie diplomatique : au lieu du chapeau, Clément XI accorde seulement l'induit pour l'archevêché de Cambrai.
A Paris, déception et colère. Dubois répond indigné à Lafiteau (17 avril 1720) : « La cour où vous êtes est un labyrinthe, dont nous ne sortirons de longtemps, ni peutêtre jamais. On y a honte d'accepter les services les plus essentiels ; on y compte pour rien tous ceux qu'on a rendus; on ne promet que pour en tirer de nouveaux; on oblige à des garanties impossibles; on consume toute la vie des aspirans en espérances frivoles et en démarches indécentes : il n'est ni d'un homme sensé, ni d'un homme d'honneur de passer sa vie dans ce purgatoire1. » Sa bile épanchée, il envoie à Vienne (23 avril) un agent secret qui met Alexandre Albani dans ses intérêts en flattant son amour-propre. Il lui fait donner par le roi de France le titre de cousin.
Mais cet Albani, attendant de son admission au conerès le chapeau que son oncle lui réserve in petto, veut aussi