Sévelinges, t. I, p
gagner les Anglais. Il fait savoir par une tierce personne aux envoyés britanniques, Saint-Saphorin et L. Cadogan, que si le roi ne s'y oppose pas, son oncle, en échange, autant qu'il pourra le faire sans perdre le décorum de la papauté, en usera à l'égard du Prétendant de la manière dont le roi le souhaiterait, et il s'expliquait sur ce sujet comme si le pape était déjà fort las et dégoûté \
Le cardinal Albani, frère du nonce à Vienne, honnête homme et conciliant, selon le témoignage de Gualterio, conseilla au chevalier de Saint-George d'exposer au pape par écrit sa détresse, et de le prier d'y pourvoir. Le Saint- Père s'en émut et fit des promesses à l'accomplissement desquelles pourvut l'arrivée du subside de France. L'exilé qui, après les longs délais des envois d'argent à cette époque, venait de toucher les cinquante mille écus romains (mai 1720), adressa à Gualterio de nouvelles protestations d'amitié envers le principal, d'attachement à ses intérêts personnels et de zèle pour son ministre. Il se plaignait des procédés de la cour de Rome, de la bizarrerie de ceux qui devraient être la sagesse même. Sa patience n'avait jamais été plus exercée. Mais il n'aurait point de repos que cette affaire ne fût terminée !.
En même temps, l'évêque de Sisteron serrait le pape de si près que le pontife finit par s'écrier : « Si vous prenez un peu de patience, je vous réponds que vous aurez ce chapeau pour M. l'abbé Dubois; mais si vous me pressez
1. Saint-Saphorin et L. Cadogan à L. Stanhope, Vienne, 26 juin 1120. Rec. O/f., Germany, vol. 215.