‹ Le RégentChapitre 154 sur 196 · janvier 1721. Sévelinges, t. I, p · texte numérisé non relu

janvier 1721. Sévelinges, t. I, p

encore, hier même, qu'il vous aimait véritablement, qu'il vous estimait, que vous le méritiez, qu'il voulait reconnaître les plaisirs qu'il reçoit de vous, et qu'avec un peu plus de patience, il couronnerait sûrement tout à la fois votre mérite et ses propres sentiments1. » Mais ces plaisirs, qui lui agréaient de la main de l'archevêque de Cambrai, ne diminuaient en rien ses exigences envers le ministre, ni n'ébranlaient sa résolution d'ajourner la récompense jusqu'après le service rendu au congrès ; il le payait de bagatelles, c'est-à-dire de bonnes paroles, de promesses creuses qui transportaient ou désespéraient le solliciteur éperdu; tel, selon la mode italienne du temps, on voyait dans la société le patito, c'est-à-dire l'ami exercé au métier de souffre-douleur.

Dubois n'osa pas communiquer à son maître la lettre de Clément XI au Prétendant. D'un coup d'œil, il perça les inconvénients et les dangers de cette faveur empoisonnée : inconvénients infinis, dit-il, à ce qu'il paraisse que le chevalier de Saint-George ait part à cette promotion ; injure pour le Régent, si elle paraît se faire à la sollicitation d'un autre prince que lui ; hostilité des Anglais au congrès contre la cour pontificale, et violences de leur part sur les côtes des Etats ecclésiastiques; préjudice également pour le chevalier de Saint-George, la connaissance de cette collusion devant porter l'Angleterre et les alliés à exiger du Régent des déclarations et une conduite sujettes à de grands maux; préjudice pour le pape lui-même s'il croit que d'éloigner la promotion de l'archevêque sera le moyen d'obtenir de lui qu'il fasse de tels efforts auprès des puissances, qu'il les amène à reconnaître au Saint-Siège la suzeraineté de Parme et la souveraineté de Castro; car alors M. de Cam-

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