Sévelinges, t. II. p
2. Ibid., p. 181. Il lui fait part aussi de ses embarras d'argent, des emprunts qu'il a dû contracter personnellement (300 000 liv.) à cause de l'état d'épuisement du trésor (suite de la chute du système). — Lemontey, t. II, p. 45.
mena sur-le-champ chez le roi. De même encore le lendemain, cette fois en cérémonie (27 juillet), à l'audience du roi, quand le courrier pontifical, devancé d'un jour par celui du cardinal de Rohan, eut apporté la calotte que le nouveau cardinal devait recevoir des mains du monarque.
Mais la grande fête se célébra deux mois après, le 21 septembre, lorsque l'abbé Passarini, camérier du pape, apporta la barrette, ainsi qu'un bref de félicitations et d'encouragement adressé par Innocent XIII au Régent1.
C'est un ministre britannique qui va nous retracer les traits principaux du triomphe en si grande partie l'ouvrage des Anglais. L'ambassadeur Schaub écrit à L. Carteret 2 :
« Notre cardinal vient de passer une semaine bien glorieuse. Il a reçu sa barrette du Roy et fait ses visites de cérémonie à Madame et au Régent et à Mme la duchesse d'Orléans. Tous les beaux esprits de la vieille cour, encore plus animée contre lui par le mariage avec l'infante 3 que par la guerre qu'il a faite à l'Espagne (s')étoient mis aux écoutes pour ridiculiser ses harangues. Surtout celle qu'il devoit faire au roy, étoit difficile, et ils s'attendoient ou qu'il loueroit et remercieroit fadement S. M. T. C, ou qu'il loueroit le Régent en homme payé et qui luy doit plus qu'au Roy, ou qu'il se loueroit soi-même des actions que la nation lui reproche, ou qu'il feroit une espèce d'amende honorable en promettant de mieux faire.
« Mais il a trouvé moien d'éviter tous ces écueils. Il a parlé avec humilité et avec dignité, mais si bien et si judicieusement que ses plus malins auditeurs ont été réduits à l'applaudir.
« Madame a aussy été surprise par le discours qu'il luy