août 1721. Sévelinges, t. II, p
dinal Gualterio (protecteur de la couronne de France), au nom du Prétendant, cessât sur l'heure. Mais c'est toujours une consolation pour un roi en exil qu'on lui ouvre la perspective des décrets de la Providence.
Devers Londres, il semble que Dubois ressentît quelque embarras entre les deux branches des Stuarts. Abondant jusqu'à la prolixité dans sa correspondance d'Italie, il se tait plus de trois mois avec le roi George, auquel il était si redevable, depuis la lettre initiale par laquelle ce prince avait surmonté la répugnance du Régent à l'égard des ministres cardinaux. Le 6 novembre seulement (1721) il lui écrit :
« Je ne puis plus me contenter des voyes détournées dont je me suis servi jusqu'à présent pour marquer à Y. M. ce que je lui dois sur ma promotion au cardinalat. Quand je n'aurois pour moi dans cette affaire que les souhaits de Y. M. et la manière dont Elle a bien voulu s'en expliquer, j'en aurois une très vive reconnaissance; mais j'ai eu de plus ses puissans offices accompagnés d'une bonté particulière, et c'est avec une grâce dont le souvenir demeurera toujours au fond de mon cœur. J'ai même un sentiment de gloire infiniment flat(t)eur d'avoir pu m'attirer à ce point la bienveillance d'un monarque si auguste et si respecté de toute l'Europe. J'apporterai une attention continuelle à me conserver un bien dont je connois il y a longtems tout le prix et je chercherai avec ardeur les occasions de faire connoître l'attachement respectueux avec lequel je suis, Sire ' ... »
Un dernier trait :
Joseph Dubois, frère de la nouvelle éminence, rapporte dans une lettre du 25 juillet, c'est-à-dire du jour même de
1. De V. M. le très humble et très obéissant, le cardinal Dubois. — La signature seule est autographe. Rec. O/f., France, vol. 357.
l'arrivée du courrier, qu'il n'y a pas de personne marquée à la cour qui ne soit venue (les féliciter). « Je ne me flatte pas qu'il (M. l'archevêque) ait beaucoup d'amis, bien loin de là; je suis assuré qu'il n'en a presque point de véritables; néanmoins c'est le train des hommes; chacun fait des protestations et des soumissions comme s'il était véritablement ravi de l'événement et je ne doute pas que la plupart n'en soient désolés. Une dame m'a échappé ce matin qu'on disait à Paris qu'il fallait que M. l'Archevêque fût un diable pour avoir pu monter si haut dans les circonstances du temps, et que s'il lui prenait en gré d'être roi ou pape, il le deviendrait. Quoi qu'il en soit, il est vrai que tout plie sous lui et qu'il semble que rien ne lui est impossible \ »
De fait, si haut qu'elle se fût élevée déjà, sa fortune en France avait encore de la marge.