Sévelinges, t. II, p
du duc d'Orléans. Il conduisit cette affaire si délicate avec le mystère, Fart profond, le savoir-faire qu'on attendrait à peine d'un conspirateur émérite. « Le secret en fut si entier qu'aucune puissance ni aucun particulier ne s'en douta1 ».
Le moment venu, Dubois prescrivit à l'ambassadeur Maulevrier de présenter des observations à la cour de Madrid au sujet des projets de mariage avec la famille impériale. L'ambassadeur, très perplexe, s'en ouvrit d'abord au confesseur du roi, le P. Daubenton, qui le rassura et, sans se découvrir davantage, affirma en un langage sibyllin qu'il savait même des choses qui satisferaient et consoleraient entièrement le duc d'Orléans. Le même soir (25 juillet), le roi, auquel l'envoyé français voulait remettre ses observations écrites, les refusa en disant : « Il n'y a plus de réflexions là où il n'y a plus de sujets. » Très étonné d'avoir si bien réussi (selon son expression), Maulevrier le fut bien davantage le lendemain 26, lorsque le ministre Grimaldo vint lui annoncer officiellement que le roi, pour donner au Régent des preuves indubitables de son amitié... et de l'éternelle et honne intelligence qu'il désirait entretenir avec le Roi, avec sa propre famille et avec le Régent, demandait à ce prince Mlle de Montpensier, sa fille, en mariage pour le prince des Asturies, et proposait de marier l'infante d'Espagne, sa fille, avec le Roi.
D'où venait cette résolution en contraste si flagrant avec l'inimitié que le roi d'Espagne avait manifestée jusque-là contre le duc d'Orléans? Etait-ce, comme l'ont pensé plusieurs historiens, un mouvement spontané auquel les époux royaux se déterminèrent d'eux-mêmes, malgré la jeunesse de l'infante2 et la haine qu'ils portaient au duc d'Orléans?