Id., ibid
D'abord, rappelons la suite clés faits.
1721, 9 juillet. Dubois avertit Maulevrier des vues de Philippe V sur la famille impériale.
25 juillet. Le P. Daubenton rassure Maulevrier. Le roi confirme les paroles de son confesseur. L'ambassadeur est surpris très agréablement.
26 juillet. Grimaldo lui propose officiellement le double
mariage.
4 août. Le Régent accepte par lettre autographe l'offre du roi d'Espagne.
12 août. Maulevrier remet cette lettre au roi en présence de la reine.
On règle les formes à observer, le tout dans le plus profond secret.
26 août. Le Régent prie le roi d'écrire trois lettres : 1° au roi de France; 2° au Régent, dans des termes d'affection pour la France, afin d'enlever les suffrages au conseil de régence; 3° au maréchal de Villeroy, dont autrement l'opposition pourrait tout perdre.
2 septembre. A l'Escurial. Le roi est tellement heureux qu'en lisant à haute voix la lettre du Régent, il peut à peine prononcer les mots; la reine sent ses jambes se dérober.
4 septembre. De joie, elle en perd le sommeil.
14 septembre. A Paris, aux Tuileries. Dans la matinée, le duc d'Orléans, en présence du cardinal Dubois, du duc de Bourbon, du maréchal de Villeroy, de Fleury, évêque <le Fréjus et précepteur du roi, expose au roi la convention de son mariage. L'enfant qui, depuis... mais alors, il répond par des larmes ; et ce n'est pas sans peine que révoque de Fréjus obtient qu'il profère le mot « oui ».
Au conseil de régence, tenu aussitôt après, sans perdre un moment, le Régent, autorisé par un « oui » sec et très
bas du jeune prince, déclare le mariage du roi avec Anne- Marie-Victoire, fille de Philippe Y. Les ennemis du duc d'Orléans, comme foudroyés par cette révolution de famille, dont nul indice n'avait percé au dehors, ne peuvent pas se dispenser d'approuver unanimement, malgré leur fureur intime.
L21 septembre. Leurs Majestés Catholiques reçoivent à Balsaïn la nouvelle de cette journée décisive; Philippe Y écrit à la future épouse une lettre commençant par ces mots : « Je ne veux pas que vous appreniez par un autre que par moi-même, ma très chère fille, que vous êtes reine de France... »
A Paris. Le duc d'Orléans avait pris la sage précaution de ne pas mettre sa maison sur le môme plan que la royauté et de se borner à déclarer uniquement le mariage du roi. Il jugea qu'il ferait mieux, pour une dizaine de jours, de laisser la cabale ronger son frein sous ces triomphants coups de théâtre, avant de lui asséner l'audacieux mariage de sa fille avec le prince des Asturies. Philippe Y adresse de Balsaïn, 21 septembre, la demande en mariage pour son fils avec Mlle de Montpensier. Alors le duc d'Orléans demande au roi et obtient sur-le-champ la permission d'accepter l'honneur que le roi d'Espagne veut lui faire. Le lendemain, il en fait la déclaration au conseil de régence, le roi présent, et recueille les compliments d'hommes dont aucun ne s'était défié que le roi d'Espagne pût être réconcilié avecle duc d'Orléans; combien moins qu'i] pût être capable d'accepter une de ses filles pour lui fairel porter sa couronne après lui ! Ils se mettent à détester! l'Espagne, et à la même mesure qu'ils s'y étaient attachés \
Octobre. Les contrats du double mariage sont signés à|