‹ Le RégentChapitre 168 sur 196 · Du même au même, Paris, 24 septembre. /<:/., ibid · texte numérisé non relu

Du même au même, Paris, 24 septembre. /<:/., ibid

3. Sutton à L. Carteret, Paris, 25 septembre 1721. En français. Rec. 0//*., France, vol. 363.

qu'il fût bien bâclé avant que ceux de la vieille cour en eussent le moindre vent, afin de leur ôter par là tout prétexte de s'en arroger le mérite, afin de leur faire sentir et à tout le royaume qu'ils ne possèdent plus exclusivement la confiance du roi d'Espagne. Il se raille de Yilleroy qui ne sait plus quelle contenance tenir, après avoir cherché d'abord un prétexte de joie dans la ressemblance de cette aventure avec celle du feu roi. Mais il n'a pas pu longtemps cacher sa consternation. Ses clients se récrient déjà contre un mariage qui ne peut avoir pour but que de prolonger l'autorité et l'espérance du Régent. Ils disent qu'à la majorité, le roi pourra chercher une reine plus proportionnée à son âge. « Vous jugez, Mylord, que ces menaces n'effraient guère le Régent. La reine d'Espagne, au premier déplaisir que le roi son époux causerait à S. A. R., seroit exposée à la honte de se voir renvoyer sa fille. »

Devant la bonne humeur du représentant de l'Angleterre, Dubois projette quelque lumière sur le mystère d'Espagne. « Le cardinal m'a fait la lecture des lettres que le roi d'Espagne a écrites au jeune Roy, au Régent et au Maréchal, et quand je luy ai demandé si c'étoit luy qui les avoit dictées ou composées, il ne me l'a pas trop nié l. » C'était un aveu.

Le lendemain (29 septembre), le cardinal lui communiquait le mariage arrêté entre le prince des Asturies et Mlle de Montpensier, ainsi que la lettre de demande de Philippe V. « Il faut avouer, dit Schaub, que rien n'a été mené plus adroitement, et que si jamais mystère a été pardonnable, c'est celui que le cardinal nous a fait dans cette rencontre. Car, sans le plus profond secret, il n'aurait pas été possible de faire agir ainsi le roy d'Espagne comme

1. Schaub à L. Carteret, Paris, 28 septembre 1721. Rec. Ofî., France, vol. 363.

de son pur mouvement. Maulevrier même n'a pas été dans le secret; et toute sa part a été de porter les lettres du cardinal au confesseur1. »

Le cardinal voulait avoir travaillé pour l'Angleterre aussi bien qeu pour la France, ces mêmes mariages devant être, selon lui, une source de repos et de prospérité au profit de l'une et de l'autre. Le Régent réitérait les témoignages de son affection pour le roi. Quant aux mariages, le premier, disait-il, conduisait au second : « Yous sentez assez combien cela me convient, et comment je m'y suis pris. Et comme S. M. connaît mon cœur, je ne puis que me flatter que ce qui fortifie mon bras ne sauroit lui être indifférent. » — « 11 m'a demandé ensuite, continue Sctiaub, si j'avois jamais vu des gens aussy penauds que le sont MM. de la vieille cour. Et il m'a fallu convenir avec S. A. R. qu'il manqueroit quelque chose à ma joie, si leur capoterie étoit moins complète. » L'envoyé britannique considère ces mariages comme une garantie de paix par l'affermissement du Régent après la majorité2.

Voyons, d'après ces correspondances britanniques si bien informées, comment le roi d'Espagne fut amené à se surmonter lui-même et à contracter une alliance si étroite avec le duc d'Orléans 3?

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