Rec. O/f., France, vol
contribuera au repos de l'Europe; les Anglais ne demandent pas autre chose (18 août 1722), tandis que Penterriedter, sur la même nouvelle, réplique à Beretti Landi : « Eh bien! vive la guerre! » (31 août.) Lorsque le cardinal est déclaré principal ministre, L. Polwarth écrit à L. Whitworth et à Schaub, Cambrai 7 septembre 1722 : « Je ne trouverai pas chez les ministres impériaux autant de joie que j'aurais cru de la promotion du cardinal. Mais la vraie raison est peut-être que j'en avais tant moi-même que celle qu'ils témoignèrent me parut trop peu de chose ». C'était aussi que la diplomatie du cardinal ne favorisait guère leurs intérêts égoïstes, ni leur raideur à prétendre les imposer. Il était moins difficile de faire entendre raison à Philippe Y qu'à Charles VI.
L. Whitworth étant à Paris, apprécie en ces termes le cardinal (19 septembre 1722) : « Le cardinal est certainement très bien intentionné ; et partant nous avons un sérieux intérêt à sa promotion. Le grand point à présent est d'établir son autorité au dedans et de gagner la confiance et l'approbation du public. Mais, retenu comme il est, par les flatteries d'un côté, et les suspicions de l'autre, ce n'est pas une tâche aisée que de le faire marcher avec fermeté. Nous y travaillons selon l'occasion; comme il est pleinement persuadé que réellement nous lui voulons du bien, et que notre intérêt y est engagé, il nous permet de lui parler très librement sur ces sujets et d'entrer dans des discussions qui proprement ne regardent pas des ministres étrangers... Il n'est pas seulement d'un caractère facile et ouvert, mais sa tête est si bien organisée pour les affaires; il est si zélé pour l'honueur et le service de Sa Majesté et pour les vrais intérêts de l'Angleterre, qu'il ne serait pas possible à un honnête homme de vivre autrement avec lui l ».
i. En anglais. Rec. Off.} France, vol. 366.
N'oublions pas qu'au congrès les intérêts de la France et de l'Angleterre étaient intimement liés.
Les Anglais ne voulaient pourtant pas sacrifier l'Autriche systématiquement, témoin ces lignes de Polwarth et Whitworth à L. Carteret (Cambrai, 25 octobre 1722) : « Les ministres espagnols sont contents des Anglais et ils se tiendront d'accord avec les Français. D'un autre côté, nous espérons ne pas donner aux Impériaux des motifs de se plaindre de partialité de notre part. En agissant avec loyauté et fermeté, nous nous flattons qu'ils s'apercevront par degrés non seulement que nous agissons conformément aux anciennes maximes d'amitié entre la Grande-Bretagne et l'Autriche, mais que l'attitude et les bons offices de Sa Majesté leur sont utiles en toute circonstance et méritent beaucoup plus de reconnaissance qu'il ne plaît à certaines personnes de Vienne d'en témoigner ! ».
Les Impériaux éternisaient les débats préliminaires. L. Whitworth constatait le 3 juin 1723 que le mois d'août serait sans doute très avancé avant que les lettres d'investiture éventuelle des duchés italiens fussent remises au congrès. Or, à ce même mois d'août, la mort presque inopinée de Dubois, l'àme du congrès, suivie bientôt de celle du duc d'Orléans, mit à néant cette savante construction diplomatique, mais sans entraîner avec elle l'alliance anglo-française.