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CHAPITRE XXV

Le bon accord grâce auquel les deux gouvernements accomplissaient la pacification de l'Europe était traversé, néanmoins, par de certaines contradictions sur des choses d'intérêts ou de religion, soit les conséquences du système de Law et de sa chute, soit la persécution contre les dissidents, de part et d'autre, en matière de foi.

Après la catastrophe de Law, les quatre frères Paris, chargés de reviser la fortune des détenteurs d'effets relatifs au système (26 janvier 1721), établirent des catégories où l'on perdait du sixième aux dix-neuf vingtièmes des fortunes. Ce travail de classement fut sanctionné définitivement par arrêt du Conseil d'Etat du 23 novembre 1721. Nombre d'Anglais avaient spéculé à Paris et partagé le commun désastre. A la liquidation, ils sollicitaient un traitement de faveur. Mais le cardinal déclina les instances de Schaub. La règle, dit-il, était dure pour un nombre de gens ; mais elle était inévitable, il n'y avait pas possibilité de la mieux adoucir. Elle était générale. Les étrangers

avaient risqué de gagner, de perdre, comme les gens du pays. Us auraient eu à se plaindre s'ils avaient été moins favorisés que ceux-ci ; mais ils « prétendroient à tort de l'être de force majeure qui y pourra obliger le Régent; que si on lui déclaroit la guerre il attendroit l'événement plutôt que de rien changer à ses présents arrangements ! ». Cette défaite, pour être péremptoire, n'était pas très sérieuse. Les Anglais ne se découragèrent pas. Le 23 septembre 1722, Crawford mande à L. Carteret qu'il a travaillé toute la semaine avec Paris Duverney, relativement à ceux des sujets du roi dont les effets ont été annulés au Visa ou mis aux dix-neuf vingtièmes de perte 2. 11 a obtenu que leur liquidation se fît sur le pied des sujets du R. T. G., c'est-à-dire réduction des actions à trois dixièmes du total; des sommes en banque à trois dixièmes du total. Il se plaint de la mauvaise volonté de la France, qui n'est nullement en détresse, ni dans l'impuissance de faire justice à tout le monde. « Il faut espérer que ceux qui la gouvernent continueront longtemps en amitié avec le Roy. Car leur situation par les manœuvres qui ont été faites, va en fort peu de temps les rendre très redoutables. On va brûler cette semaine tous les registres de la banque et du Visa, afin qu'il ne reste aucun titre pour les malheureux souffrans » 3.

Schaub, comme Crawford, accusa le gouvernement français de très grande injustice envers les étrangers. « J'ay

1. Schaub à L. Carteret, Paris, 13 décembre 1721. Rec. 0/f., France vol. 363.

2. On lit dans Barbier, à la dale de juin 1722 : « On presse fort l'opération au visa. On coupe bras et jambes aux étrangers. On met presque toutes leurs déclarations nu néant; on n'épargne pas beaucoup les François. ■> Exactement comme Schaub à L. Carteret, Il juillet 1722 : « On a coupé bras et jambes à tout le monde. » Vol. 364. C'était sans doute la locution courante.

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