‹ Le RégentChapitre 18 sur 196 · Paris, 15 mars 1719. L. Manon, t. I, p · texte numérisé non relu

Paris, 15 mars 1719. L. Manon, t. I, p

4. Lord Stair à Craggs; Paris. 15, 20, 2G. 2'» mars. 19 avril 1719. Rec. Off., France, vol. 353.

mouth. Le Régent en offrit même quinze cents et de l'artillerie1. Il ne fut fait usage ni des uns ni des autres. Les Anglais, le premier émoi passé, eurent honte de recourir à des marins étrangers. Ils les congédièrent avec gratification d'un mois de solde; ils renoncèrent aussi à faire venir les troupes françaises, parce qu'elles étaient catholiques.

La Hollande fournit 2 000 hommes. L'Autriche, rompant avec ses habitudes dilatoires, mit sur pied sans délai dans les provinces belges six bataillons, qu'elle eut soin de choisir parmi ses troupes protestantes. Mais la vraie sûreté de la Grande-Bretagne était dans ses murailles de bois. La flotte, sous les ordres de L. Berkeley, prête à temps, croisa dans le Canal, ayant aussi la mission de garantir les côtes de France, pour la sûreté soit de la Bretagne, soit de la communication par mer avec l'armée française des Pyrénées2.

L'événement rendit ces préparatifs inutiles. De même qu'au xvie siècle, les éléments se conjurèrent contre l'Espagne. Jadis la tempête avait éclaté contre V Invincible Armada de Philippe II, au cœur de l'été, dans la saison a plus propice à la navigation; cette fois, la crise de 'équinoxe de printemps, bravée par la hâte fébrile du Jardinai, déchaîna au cap Finistère et dans le golfe de Biscaye une tempête de douze jours. La flotte sortie de -adix le 7 mars, fut dispersée, anéantie ou désemparée. Deux frégates seulement parvinrent en Ecosse (16 avril) rt y provoquèrent un simulacre de soulèvement, étouffé rientôt. Désormais l'Angleterre était à l'abri de toute nvasion espagnole; la guerre se concentra aux Pyrénées.

».î108.rwgeberL' ^ aVrH I7'9* Stair PaPers- The Stair Annals, vol. Il,

mini0 iwFV1 l)UhSis' 3° mars 1719' En fraxi5ais- Slair Papers, vol. XXII. Berkeley a Stair, 10 avril 1719. En anglais. Idjbid. The Stair "mais, vol. II, p. H5, ne, 3(S7

En d'autres termes, le fort du labeur et de ce qu'il pouvait y avoir de péril incombait au duc d'Orléans. Cette guerre, qui se dénoua si aisément, se présentait comme une affaire sérieuse. Des calomnies tellement noires avaient été propagées contre le duc, on le dépeignait avec une si atroce fureur comme un ennemi du sang de Louis XIV, d'une main préparant le poison pour le fils débile, de l'autre tirant l'épée contre le frère du tant regretté duc de Bourgogne, qu'il avait sujet de craindre de n'être pas soutenu par la nation, qui plus est, d'en être renié, abandonné et précipité du pouvoir. Même, chez ses plus sincères amis, l'attachement à la descendance directe du roi parlait avec une telle force, que Saint-Simon lui déclarait sans ambages qu'il mettait les droits de Philippe V à la régence au-dessus des siens1.

Heureusement pour le Régent, Philippe V, s'il le précédait dans l'arbre généalogique de la maison de France, était devenu en fait prince étranger, représenté à Pans par un étranger. Ce dernier avait conspiré contre la sûreté du royaume. Le patriotisme français, incertain peut-êtrd jusque-là, se ressaisit sous l'offense, et l'autorité du Régent fut retrempée dans le sentiment national.

Alberoni suivait avec la France la même tactique, qu'avec l'Angleterre : complots et guerre ouverte, celle-ci préparée par ceux-là.

La clef de la France était Bayonne. Il séduisit le duc de Richelieu, âgé de vingt-trois ans, colonel de l'un des deux régiments de la garnison de Bayonne. Le conspirateur

Page 1