er (12) mars
2. Paris, 30 octobre 1723. En anglais. Rec. O/f., France, vol. 369.
était sous-entendu , il avait le tort d'être le protégé de L. Carteret, qui s'était rangé aux côtés de L. Stanhope dans leurs querelles, et que Walpole se préparait à évincer du ministère.
Cette âpre compétition de jalousie et de parti visait, non pas à changer la politique extérieure, mais seulement les personnes qui la représentaient, et à substituer des Anglais de race à des Anglais de fraîche date. Il ne paraît pas que le duc d'Orléans y ait été mêlé; Schaub fut rappelé quelques mois après1. Horace Walpole lui succéda.
Le duc d'Orléans exerça pendant quatre mois seulement la fonction de premier ministre. La mort, que malgré les avertissements de son médecin Chirac, il avait pris plaisir à braver et à provoquer par le désordre voulu de ses mœurs et, circonstance atténuante, par sa vaillance au travail depuis que Dubois avait quitté cette vie, la mort le surprit le soir du 2 décembre 1723, n'ayant près de lui que Mme de Falari, et au moment où il allait monter chez le roi pour le travail accoutumé. Il succomba en une demiheure, à l'âge de quarante-neuf ans.
Abandonnons à la sévérité traditionnelle de l'histoire l'immoralité de l'homme et de l'époque ; à une juste critique la folie du système, bien qu'il faille tenir compte des erreurs inévitables dans une conception si nouvelle et si extraordinaire en France. Mais réservons la politique étrangère sur laquelle nous aurons à conclure tout à l'heure.
1. Il eut son audience de congé de Louis XV, le 31 mai 1724. Saint- Saphorin quitta son ambassade de Vienne dans des conditions semblables.
Le duc de Bourbon, présent à Versailles au moment de cette mort, courut aussitôt chez le roi. Demander et obtenir la place de premier ministre fut l'affaire d'un instant; et le soin le plus pressant du nouveau ministre fut de s'approprier, avec la fonction, la politique de son devancier. Dès le lendemain, le 3 décembre 1723, il en informa les Anglais par la lettre suivante adressée à George Ier au nom de Louis XV :
« Monsieur mon frère et cousin, aussitôt après l'événement impréveu de la mort de mon oncle le Duc d'Orléans, arrivée hier, je n'ay pas voulu différer de vous faire part de la disposition que j'ay faite en remettant entre les mains du Duc de Bourbon l'administration générale des affaires de mon Royaume dont le Duc d'Orléans était chargé; je ne pouvois choisir personne qui me fût recommandable par plus d'endroits, et le Duc de Bourbon étant instruit de mes sentiments aussi bien que des maximes qui ont depuis le commencement de mon règne réglé mes démarches, je ne pouvois faire un choix plus conforme au bien de mes affaires, et particulièrement à la résolution où je suis de suivre constamment les maximes qui ont si heureusement établi l'union qui règne entre nous; vous remarquerez aussi en toute occasion que la perte que je viens de faire n'apportant aucun changement au maintien de ces dispositions, tout concourra à fortifier le concert qui a jusqu'à présent produit de si heureux effets pour la conservation de la tranquilité publique.
« A Versailles le 3 décembre 1723 f. » Il n'y avait pas, et il ne pouvait pas y avoir dans le ton de cette pièce la cordialité ni la chaleur dont s'était imprégné le style du Régent et de son ministre, en raison