‹ Le RégentChapitre 20 sur 196 · Du même au même, Bordeaux, 26 avril 1719. ld.. ibid · texte numérisé non relu

Du même au même, Bordeaux, 26 avril 1719. ld.. ibid

qu'on avait amenés déjà1. Stair, lorsqu'il mande cette circonstance à son gouvernement, n'exprime point d'opinion, réserve qui, chez un tel homme, paraît un sûr indice que les Anglais n'avaient pas eu de part à cette exécution2.

En tout cas, le colonel W. Stanhope y fut complètement étranger. Il n'était pas présent. Les historiens flétrissent comme une marque de servilité indigne que le Régent se soit laissé imposer par George Ier la surveillance d'un commissaire britannique. La vérité, c'est que cette pensée vint, non pas de George, mais du duc d'Orléans qui tint à ce que le roi d'Angleterre se fît représenter à l'armée :J comme cela est d'usage entre alliés. Il voulait probablement que l'alliance étroite des deux couronnes se manifestât sur le champ de bataille, de telle sorte qu'il devînt impossible aux malveillants d'en révoquer en doute la sincérité.

Puisqu'il en avait l'impopularité, encore fallait-il qu'il en eût au moins l'avantage.

Le colonel Stanhope n'arriva d'Angleterre à Paris que dans le courant de mai; et alors le Régent, ombrageux de caractère, par suite sujet aux revirements, retarda de jour en jour de recevoir le colonel; même, après avoir iixé l'heure, il manqua indécemment à sa parole sans s'excuser4. Jaloux, comme il était de son autorité, il se proposa peut-être de montrer que son indépendance subsistait dans son intégrité. Quoi qu'il en soit, W. Stanhope ne quitta Paris que le 31 mai et ne joignit l'armée française au camp

1. L. Stair à Craggs, Paris, 15 mai 1719. En français. Rec. Off., France, vol. 353.

2. Peut-être le maréchal, quoique devenu un loyal Français, gardait-il quelque fond de jalousie britannique contre les marines des autres. Il écrit à Stair (Bordeaux, 2 mai) qu'il est ravi d'apprendre par sa lettre du 29 avril qu'il est content de la première expédition. Id., ibid.

Page 1