‹ Le RégentChapitre 22 sur 196 · mai 1719. Ici., ibid · texte numérisé non relu

mai 1719. Ici., ibid

Toutefois une lettre du secrétaire d'Etat au département de la guerre, Le Blanc, avait devancé le colonel, portant recommandation au maréchal de ne lui communiquer que les choses dont il croirait pouvoir lui donner connaissance sans inconvénient \

Aussi, hien loin de s'engager en aveugle, le maréchal décline-t-il de prime abord une partie, et non la moins importante, du dessein dont l'officier anglais est porteur et dont nous venons d'indiquer la nature. Sans doute il trouve, lui dit-il, une si bonne disposition parmi les Espagnols à prendre les armes pour regagner leurs privilèges et secouer le joug du cardinal, qu'il espère que, sur l'assurance de la protection du roi d'Angleterre et de la France, on verra bientôt une « nouvelle scène des affaires en Espagne ». Mais tout en prenant des mesures pour détruire le cardinal Alberoni, on doit avoir soin de ne pas rendre la paix impraticable avec le roi d'Espagne, ce qui serait à craindre si l'on promettait aux Catalans de les soutenir pour le rétablissement de leurs anciens droits, ce peuple étant si porté à prendre les armes, et lui ayant déjà fait de telles offres, qu'en tout temps l'on pourrait faire fond sur eux, lorsqu'on croirait à propos de les encourager par des manifestes.

Ici, le duc faisait ressortir le caractère spécial d'acuité que la lutte revêtirait chez ces peuples. Ce serait attaquer le roi même qui les avait rendus « esclaves » (c'est-à-dire avait supprimé leurs privilèges) avant l'administration du cardinal, outre que la considérable diminution des revenus du roi en leur rendant leurs privilèges, le devrait naturellement porter à courir tous les risques plutôt que d'y consentir, sans parler de la haine de Castillans à Catalans qui accroîtrait encore l'aversion du ministère espagnol pour une telle paix.

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