‹ Le RégentChapitre 34 sur 196 · An inclination to play foui play · texte numérisé non relu

An inclination to play foui play

4. Ces mots sont en français et soulignés dans le texte. — Stair avait déjà relaté cette conversation dans une lettre à Craggs du 4 mars précédent, liée. 0/f\, France, vol. 353.

Cette méconnaissance de la géographie du Nord en France ne parait pas avoir été particulière à Dubois. Déjà nous avons rapporté, t. II, p. 23, note 1, que Saint-Simon attribuait l'animosité de Pierre-le-Grand contre George Ier à ce que ce dernier l'avait empêché de construire un canal pour le commerce de ses États parce qu'il traversait un petit coin du Hanovre. Évidemment Saint-Simon ne se rendait pas compte de la situation respective du Hanovre et de la Moscovie. M. de Torcy la connaissait très bien; de là son autorité dans ces questions.

la Navarre. Alors la cour de France, troublée, comme nous l'avons dit, se rapproche d'autant de celle de Londres. Plus d'aspérités chez l'abbé. Il cesse de battre froid à L. Stair. Le voilà, « doux comme miel, coulant comme l'huile ». « La chose a cela de bon qu'ici on s'attache à nous fortement; on souhaite que les affaires du Nord s'arrangent afin (jue, s'il y avait lieu, nous fussions en mesure de leur porter secours. » En sage politique, il avait dit aussi 1 : « If ne faut pas qu'un malheur arrive au Régent; il sera bon que notre flotte ait un peu l'œil vers la cote de Bretagne et à celle d'Irlande 2. »

Le gouvernement anglais s'adosse à son allié. Us se prêtent un mutuel appui en Autriche, en Italie, en Espagne et dans le Nord.

A Vienne, il y avait fort à faire. On était piqué au vif contre l'abbé Dubois, dont on démêlait clairement que la pensée était d'empêcher l'Autriche de s'attribuer les duchés italiens, en même temps que l'on craignait que la cour de France ne vînt à changer tout d'un coup de système et de maxime 3, sans doute dans l'affaire de Sicile.

Néanmoins les ministres allemands, Sinzendorf, Stahremberg, maintenaient le système de la Quadruple-Alliance. Le prince Eugène se rangeait de leur côté. Mais il n'avait

1. L. Stair à Craggs, Paris, 14 juin 1711». En anglais. Hardmcke Pavers vol. 11, p 570. 573. ^ '

2. Lettre à Craggs, Paris, 30 mai (en anglais), 31 mai (en français). Rec Off., l<rance, vol. 353.

3. Saint-Saphorin à L. Stanhope, Vienne, 8 mars 1719. — En français Bamt-Saphorin ajoute : « C'est une triste situation que celle de se voir oblige de faire des démarches capables de nous brouiller avec nos anciens et vrais amis, et cela, en faveur, ou de nos ennemis, je parle de l'Espagne, ou d'un nouvel ami aussi flottant et aussi incertain que l'est le Kegentde France. ». Rec. O/f., Gennany, vol. 212

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ni énergie ni crédit. L'Empereur était importuné de sa gloire. Sa liaison avec la comtesse Bathiany, qui, par lui, trafiquait publiquement des places et des affaires, l'abaissait jusqu'à se rendre dépendant de quiconque possédait quelque influence f. La coterie espagnole gagnait du terrain.

A défaut des armes dont la ressource lui échappait visiblement, elle en vint à rêver une réconciliation par le moyen qui, plus que les armes, avait mené si haut les destinées de la maison d'Autriche, c'est-à-dire un mariage opportun; ici l'union d'une archiduchesse avec le prince des Asturies.

Dès que Saint- Saphorin l'informa de cet inquiétant manège, Stanhope manda à L. Stair d'en avertir le Régent : « Assurez S. A. II. que nous nous joindrons à elle de ton 1rs nos forces pour traverser un tel mariage, et qu'elle ne nous verra jamais biaiser ni balancer en rien où sa sûreté et sa conservation pourront être concernés. » Dubois s'alarma très vivement du bruit que la cour impériale traitait par des souterrains avec l'Espagne -.

En effet, de part et d'autre, Espagne et Autriche, on se

1. Saint-Saphorin écrivait à Stanhope, Vienne, i janvier I7i9. « La comtesse de Badiani lui a inspiré un esprit de ménagement pour tous les favoris qui est tel, que dès que ce prince les sait dans l'un ou l'autre système, quelque contraire qu'il soit à ses propres idées et connaissances, on ne le voit plus agir avec vigueur : et en récompense des services qu'elle rend par là aux favoris, ils luy procurenl tout ce qu'elle souhaite. » En français, liée. 0/f\, Gevmany, vol. :M2. La guerre de Sicile marchait assez mal pour les Impériaux. «Le prince Eugène, qui devrait proposera l'Empereur les généraux qu'il sait les plus capables, par ménagement pour les préjugés de son maître, ne fait que donner une liste des généraux qui sont en rang, sans aucun sentiment positif et en laisse le choix à l'Empereur. » /r/., ibid. Et encore le 7 juin, dans un P. -S. chiffré : « Le prince Eugène est fort poussé. 11 ne serait pas étonnant, si. avant sept jours, on apprenait qu'il a résigné toutes ses charges. » ld., ibid.

•1. L. Stanhope à L. Stair, Hanovre, 7, 16 juin 1719. En français. Rec. Off., France, vol. 353. Saint-Saphorin à L. Stanhope, Vienne, 15 juillet 1719. En français, Rec. 0//"., Germany, vol. 213.

LE NORD. iOl

lassait de piétiner sur place en Sicile. Les Espagnols bloquaient Melazzo et se consumaient clans des terrains marécageux devant la place. La garnison autrichienne, ravitaillée par la flotte anglaise, ne souffrait pas, mais n'entreprenait rien. Alors se nouèrent de, secrets pourparlers tendant à l'évacuation de l'île par les Espagnols, ce qui eût transféré aux Pyrénées, pour le grand dommage de la France, des troupes aguerries. Au premier indice de ces négociations, le cabinet britannique donna ordre à l'amiral Byng de les traverser; et en effet, elles ne pouvaient pas être menées à bien, si la flotte anglaise mettait obstacle au retour des troupes en Espagne.

Dans la Haute-Italie, le duc de Parme tremblait devant l'Autriche. Celle-ci, ou pour mettre la main sur le duché, ou du moins pour y faire vivre quelques corps de troupes, affectait de rendre le duc responsable des méfaits de la cour de Madrid. Lui, tendait les mains vers la France et l'Angleterre. A son appel, lord Townshend recommanda expressément à Saint-Saphorin (19 mai 1719) de le protéger contre le grand tort que le gouvernement de Milan se préparait à lui causer, et de faire cesser ces entreprises contre un prince auquel le Régent s'intéressait beaucoup. De même à l'égard du duc de Modène, aussi l'un des clients de la France 2. L'heure était critique en effet pour ces petits princes. L'Autriche ne dissimulait plus son insatiable convoitise; et, sous prétexte que le duc de Parme se faisait l'agent public de leurs ennemis communs en Italie, elle demandait au cabinet britannique l'autorisation d'occuper Plaisance, chose si utile, disait naïvement de Pen-

1. L. Stair à L. Stanhope, Paris, 16 juin 1719. En français. Rec. 0//'., France, vol. 353.

2. Rec. Off., France, vol. 357. L. Townshend, brouillé violemment avec L. Stanhope depuis deux ans (V. t. I, ch. xxm), était en voie de réconciliation avec lui et secondait sa politique.

terrieclter, que les alliés eux-mêmes devraient l'en solliciter l. Stanhope n'était pas homme à s'émouvoir de telles doléances. Au contraire, il voulait maintenir les Impériaux dans les limites déjà fort larges des traités.

Il avait prise encore sur cette cour par l'évasion de la princesse Sobieski. Au premier moment il avait soupçonné l'Empereur et accusé ses ministres d'y avoir eu part. Leur innocence reconnue bientôt, il avait néanmoins retenu l'arme. « Quoi qu'il en soit, nous tâcherons de nous prévaloir de ce grief pour les rendre plus faciles à d'autres égards 2. »

1. L. Stanhope à L. Stair, Hanovre, 7 juin 1719. En français. Rec. O/f'., France, vol. 353. Ces faits continuent de prouver combien on s'est trompé en dépeignant George Ier comme asservi à l'Empereur, dans l'intérêt de son électoral. Nous avons déjà rapporté plus haut un incident décisif à cet égard, p. 48, note. Toute cette histoire a été dénaturée à plaisir.

2. Lettre à L. Stanhope, Vienne, 26 juillet 1719. En français. Rec. O/f., France, vol. 3oS.

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