‹ Le RégentChapitre 37 sur 196 · En anglais, Hardwicke Papers, vol. II, p. 576-5S · texte numérisé non relu

En anglais, Hardwicke Papers, vol. II, p. 576-5S

2. Peut-être y avait-il en eiïet quelque chose de vrai, lorsque le Régent disait a Stair que si les Anglais menaçaient les Hollandais d'interrompre leur commerce avec l'Espagne, il agirait de même et enverrait à M. de Morville l'ordre de faire à cet égard ce que lord Cadogan recevrait l'ordre de faire de son côté. « Je lui dis qu'il était absolument nécessaire de marcher la main dans la main; et si nous menacions, de mettre nos menaces a exécution. » Même lettre du 8 juillet.

Puis il vient à la guerre d'Espagne, récapitulant les plaintes que nous avons rapportées plus haut sur la mollesse, le mauvais vouloir du gouvernement français quant au soulèvement des provinces, l'insuffisance numérique de son armée, ses négociations louches avec la Sardaigne, comme s'il voulait pactiser sous main avec l'Espagne : Bref un flot de suspicions.

L. Stair est si pleinement absorbé dans la contemplation du pays qu'il représente, qu'il ne conçoit pas que la France puisse avoir au dehors quelque préoccupation française, et qu'à ses yeux, toute chose qui n'est pas strictement conforme à son point de vue britannique ne saurait être et n'est qu'indiscipline intolérable ou trahison. Mais pour nous, ses plaintes ne sont pas dépourvues d'intérêt historique, en ce qu'elles montrent qu'il élait loin d'exercer sur le Régent et son ministre la domination qu'on lui attribue.

Autre chose est de commander impérieusement entre alliés, autre chose de s'accorder pour marcher ensemble au but.

Tel était, à Hanovre, le sentiment du roi et de Stanhope. Sans s'arrêter aux détails qui avaient le don fâcheux d'exaspérer l'ambassadeur, ils savaient faire la part des difficultés auxquelles le Régent se heurtait en France et se contenter de l'essentiel.

A la lettre si troublée de Dubois, du 30 juin, à propos de la Hollande et des expectatives, Stanhopc répond sans hésiter que pour les Hollandais le roi veut en toutes choses agir dans un parfait concert avec le Régent, et qu'à Vienne, il fera de même.

Tandis que L. Stair accuse si vivement la nonchalance des diplomates français, L. Stanhope se loue de l'empressement du comte de Rottembourg, du comte de Senneterre à avancer les intérêts britanniques à la cour de Prusse, et du choix de M. de Campredon pour la Suède1.

Aucune aigreur non plus dans la lettre qu'il écrit à Saint- Saphorin à Vienne le 14 juillet, c'est-à-dire le lendemain de la précédente : « Véritablement rien ne nous tenoit plus à cœur que leur accession (des Hollandais) à la Quadruple- Alliance et leur concours contre l'Espagne ». On leur a donné les trois mois qu'ils demandaient pour l'Espagne : et il n'adhèrent pas. La France prétendra que le terme de trois mois n'est que comminatoire ; la dernière lettre reçue de l'abbé Dubois donne cette crainte, tandis que l'Empereur voudra disposer en effet des expectatives. Mais si Stanhope se plaint de quelqu'un, ce n'est pas du Régent, c'est de la Cour impériale. Le peu de complaisance qu'elle a pour ses alliés, le mystère de ses intentions par rapport aux affaires du Nord, le crédit du clergé qui s'en sert en faveur du Prétendant, dégoûteront tellement les gens les mieux intentionnés parmi ses alliés, qu'ils n'auront ni la volonté ni le crédit de pouvoir soutenir ses affaires2.

Saint-Saphorin, en répondant, souhaite qu'on obtienne de Dubois, si l'Espagne n'adhère pas dans les trois nouveaux mois, que l'Empereur soit libre de disposer des expectatives; et il propose malicieusement de faire croire à Dubois « pour augmenter ses terreurs », que la Cour impériale réclame son droit absolu3. Mais Stanhope ne pratiquait pas ce genre d'espièglerie.

1. L. Stanhope à Dubois, Hanovre, 2 (13) juillet 1719. En français. Bec. O/f'., France, 354.

2. L. Stanhope à Saint-Saphorin, Hanovre, 14 juillet 1719. En français. Bec. 0//'., Germany, vol. 213.

3. Saint-Saphorin à L. Stanhope, Vienne, 2Gjuillet 1719. En franc. M., ibid.

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