‹ Le RégentChapitre 39 sur 196 · Rec. O/f., France, vol. 3oi · texte numérisé non relu

Rec. O/f., France, vol. 3oi

Il est admis qu'à cette fin du mois d'août, le ministère anglais avait pris la résolution de faire du renvoi d'Alberoni la condition sine quâ non de la paix avec l'Espagne; et (jue d'autorité il y rangea le gouvernement français1.

On renverse les rôles. Ne ressort-il pas avec évidence des documents employés déjà dans notre récit que ce fut le Régent qui, attaqué personnellement de la façon la plus venimeuse et la plus violente, conçut le premier la pensée de chasser Alberoni et de « rendre l'Espagne aux Espagnols? » Et encore était-ce de sa part un moyen de ne pas s'attaquer à la personne de Philippe V, et de ménager en France le sentiment public si fortement excité. Telle est déjà la pensée du Manifeste du roi de France du 8 janvier 1719. Elle se confirme à mesure que les événements se déroulent; nous en avons marqué le progrès. Les Anglais ne pouvaient pas manquer d'entrer dans cette politique; mais ils n'en furent pas les instigateurs, ni le duc d'Orléans l'instrument contraint et forcé.

Dans cette lettre du 22 août (2 septembre) à Dubois, Stanhope dit que le roi et lui partagent sa manière de voir et celle du Régent relativement à la mission de Scotti ; et qu'il faut quant à la paix exiger le renvoi d'Alberoni2.

« Les résolutions que S. A. R. a prises de pousser la guerre avec plus de vigueur que jamais... rendront bientôt les dispositions de la Cour de Madrid pour la paix plus sincères; et alors je crois qu'on aurait tort de ne pas la faire bonne par l'éloignement du ministre qui a allumé la guerre. Gomme il ne viendra à la paix que quand il verra sa perte inévitable, si la guerre continuoit, nous ne devrons

Page 1