liée. Ojf^ France, vol. 3oi. En français
au commandant de la flotte britannique, sir John Norris, d'envoyer une lettre au Tsar par un officier, d'attendre le temps moral nécessaire pour recevoir une réponse. Si elle était satisfaisante, le roi parviendrait à ses fins de la manière qu'il préférait, de sauver un brave peuple sans qu'il lui en coûtât un seul de ses propres sujets; mais si la réponse était insolente ou captieuse, ou s'il ne lui en venait point, il rallierait les Suédois et, ensemble, ils auraient à agir de leur mieux pour détruire la flotte du Tsar : « Vous ne sauriez rendre un plus grand service à votre patrie ». Dans le cas présent, le roi ne peut pas donner d'ordres plus positifs ni absolus. « Si le succès vous paraît probable, faites au nom de Dieu; et soyez sûr que le roi vous avouera de tout, lors môme que l'événement ne répondrait pas à votre attente1. »
La conduite de Norris ne répondit pas à l'attente du roi et de Stanhope. Personnage avantageux, hardi en paroles, c'est du moins le reproche qu'on lui fît2, il ne bougea pas; et la flotte russe, ses dévastations exercées, se replia paisiblement, prudemment peut-être, sur ses abris. Craggs déplora l'inaction de l'amiral : « C'aurait été un coup d'importance de détruire la force navale du Czar ». Puis, redescendant de l'héroïsme des armes à la philosophie des affaires : « Mais notre commerce en Russie en aurait souffert. Cela fera réfléchir le Czar3 ».