Baudrillart, l. II, p
14 LE ItÉGENT, L'ABBÉ DUBOIS ET LES ANGLAIS.
ses fils du second lit; et pour venir à bout de ses mauvaises intentions contre les deux gouvernements, il veut les séparer l'un de l'autre. « Il n'y a aucune avance qu'il ne nous ait faite pour nous détacher de vous. Il n'y en a aucune qu'il ne fasse auprès de vous pour vous séparer de nous. »
L'abbé veut qu'on montre dans toutes les occasions qu'on fait la guerre non pas au roi catholique ni à la nation espagnole, mais à ce ministre turbulent. Cependant il est d'avis que même en agissant le plus vivement par la guerre contre l'Espagne et par les menaces au pape contre le cardinal Alberoni, il faut laisser le plus longtemps qu'on pourra une porte ouverte à la paix, parce que la paix achèverait de confirmer les renonciations, donnerait 1s temps de rétablir les forces du royaume et de prendre de solides précautions contre les mauvais desseins du cardinal, sur lesquels on ne devra jamais s'endormir. « Dans cette pensée, concluait l'abbé, je crois qu'il faut appuyer fortement le délai de trois mois que les Etats-Généraux demanderont, ne pas consentir qu'il soit disposé des expectatives que l'on a offertes pour le fils de la reine d'Espagne, et apporter toutes les autres facilités qui pourront déterminer le roi d'Espagne à accéder au traité !. »
Toutes les affaires s'agitent à la fois entre les deux cours. Elles s'entrelacent, tendant toutes au même but. même celles de l'intérieur. A ces dernières, L. Stair évite de toucher spontanément. Mais Dubois, dans ses moments d'abandon, l'y introduit; à cette heure, il est pour le car-