‹ Le RégentChapitre 52 sur 196 · Voir notre t. T, chap. xxiv-xxv · texte numérisé non relu

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2. Nous avons déjà eu occasion de dire que les lords justices ou la ltégence en l'absence du roi, comprenaient tous les membres du cabinet restés en Angleterre, avec exercice de l'autorité souv^rain^.

Quand L. Stair informe le duc d'Orléans que les seigneurs de la Régence se plaignent de ce qu'on rouvre la communication entre le canal de Bergues et les bassins de Dunkerque, ce qui les remettrait en communication avec la mer, le prince répond qu'il ignore le fait, que cela est contraire à la bonne foi et qu'il va ordonner de cesser le travail1. Informé que néanmoins on le continue, Stair écrit à l'abbé, le 7 août : « L'on vient de me réitérer les ordres les plus pressans d'obtenir la discontinuation de ce travail, lequel est si contraire aux traittez, et qui tend plus que tout autre chose ne sçauroit faire à détruire la bonne harmonie si bien établie entre les deux nations. Vous sçavez, monsieur, mieux que personne combien ce point est délicat en Angleterre, et que c'est la seule chose qui n'admet aucune complaisance; ainsi j'espère que vous obtiendrez sans délay qu'on nous met(te) l'esprit en repos par la discontinuation de ce travail ».

Le même jour, il adresse un mémoire au Régent; et le duc ordonne de réduire le canal à une rigole suffisante pour l'écoulement des eaux, afin d'empêcher les eaux de croupir et d'altérer la santé publique, mais assez étroite pour qu'il n'y passe pas de navire, « pas même une chaloupe2 ».

Les ingénieurs français s'obstinent et, au lieu de la rigole, entreprennent de donner au canal de Dunkerque une largeur de quarante pieds. Stair revient à la charge auprès de Dubois, 29 août, 1er, 6 septembre, en demandant une réponse écrite à son Mémoire. L'abbé, qui frémit devant le calice comme Français, et parce que l'opinion lui imputera

1. L. Stair à L. Stanhope, Paris, 27 juillet 1719. En français. Bec. Off.y France , vol. 354.

2. Lettre du Conseil de Marine, 16 août 1719. — Stair à Craggs, Paris, 9 août 1719. En anglais. Rec. Off.y France, vol. 354.

la responsabilité de l'affront national, fuit de son mieux. Enfin, le 9 septembre, il écrit qu'il ne peut pas comprendre ce qui a donné lieu à l'inexécution de l'ordre donné le 16 août par le duc d'Orléans de cesser les travaux de Dunkerque. Instruit qu'on laissait encore une ouverture trop large, à laquelle on croyait remédier par une chaîne, le prince a réitéré de la réduire à une simple rigole pour l'écoulement des eaux, dont on enverra la mesure, telle qu'il n'y puisse pas môme passer une chaloupe. « V. E. a pu voir clairement que S. A. R. n'avoit eu aucune connaissance de ce changement. Elle n'a eu, n'a, ni n'aura jamais intention de donner la moindre atteinte aux choses dont la France est convenue avec les puissances voisines, et particulièrement avec la Grande-Bretagne, dont elle a à cœur de cultiver l'union avec toute l'attention possible l. »

Stair, après cette lettre, est d'avis qu'on peut laisser faire la rigole 2. Mais les lords justices, dont la défiance à la fin a été mise en éveil, répliquent qu'on n'a pas insisté sur la démolition des ouvrages de Dunkerque parce que les Français ont dit que cela serait trop coûteux, et que les canaux étant fermés, tout se comblerait avec le temps. Or la rigole établissant un écoulement, les ouvrages ne se combleront pas 3.

Sur leur ordre, Stair présente un Mémoire contre la rigole de Dunkerque \ Le Régent promet de chercher à donner satisfaction (28 octobre 1719). Il y pourvut sans doute, car, à partir de ce moment, cette irritante question s'amortit. Le 10 juin 1720, il est encore fait mention

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