‹ Le RégentChapitre 61 sur 196 · Voir t. II, p. 291. Le lecteur voudra bien s'y reporter · texte numérisé non relu

Voir t. II, p. 291. Le lecteur voudra bien s'y reporter

habituel. Il n'en est pas moins vrai que se dessine dès lors au fond de la pensée de Dubois une tendance qui le mènera des jansénistes, ses préférés d'abord, aux jésuites; des appelans aux acceptans, autrement dit des adversaires aux champions de la cour de Rome. A la fois donc, les Anglais, afin de fixer sa politique, vont s'employer à lui procurer le chapeau; et lui-même, en secret, prendra les devants à Rome.

Là, en effet, sans attendre l'évocation, le tentateur s'était embusqué, habile à préparer les voies. C'était le P. Lafiteau, de la compagnie de Jésus. Jeune et brillant1, prisé du cardinal de la ïrémoille, ambassadeur de France près le Saint-Siège, bien vu des membres du sacré collège, du pape lui-même, qui s'amusait de sa vivacité d'esprit, il conçut l'ambition déjouer un rôle dans la brûlante querelle de la Constitution et se fit envoyer par le cardinal de la Trémoille à Paris, chargé d'une mission secrète. Il avait à engager dans la campagne contre les appelants et contre le cardinal de Noailles l'abbé Dubois, à peine entré en possession de sa fonction de secrétaire d'Etat, et, dans ces premiers temps, défavorable aux jésuites ainsi qu'à la Constitution. Il s'agissait en outre de l'éloignement et même de la dégradation d'Alberoni que l'on songeait à obtenir par la cour de Rome, témoin une lettre de Dubois au P. Lafiteau du 27 décembre 1718, d'un style savamment enveloppé2. Mais le Saint-Père subordonnait son action en Espagne à l'acceptation préalable de la bulle Unigenitus en France.

Page 1