‹ Le RégentChapitre 63 sur 196 · Mém., t. XVII, p · texte numérisé non relu

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qu'au contraire ils en seraient bien aises, et, à cet effet, de disposer le cardinal de Noailleset le duc d'Antin, au moyen du maréchal d'Estrées et de Law, à parler en faveur de l'abbé1.

Ce premier insuccès imposait nécessairement une trêve dans les démarches à Paris. Mais il n'y avait pas lieu d'interrompre la campagne que le ministère britannique menait en dehors de la France. Il continua d'agir sur Vienne; et par Vienne sur le pape, à qui l'on promettait la chute d'Alberoni et que l'on essayait aussi de tenter par la mission de l'abbé Strickland. Comme prix du concours de son maître dans la Méditerranée, Saint-Saphorin demandait toujours à Sinzendorf, entre autres choses, d'assurer le chapeau de cardinal à l'abbé Dubois. Le ministre impérial s'y employait, en effet, avec plus de bonne foi que de succès. La cour de Rome ne faisait que des réponses dilatoires à celle de Vienne, tant sur les propositions de l'abbé Strickland, que sur toutes les choses qui pouvaient intéresser le roi2.

Bientôt Saint-Saphorin, esprit en éveil, conçoit la crainte que l'abbé, dont il sait la passion effrénée, ne se dégoûte de patrons incapables de rien obtenir et ne recherche dans un autre camp des appuis plus efficaces : « Je serois très fâché si l'espérance qu'avoit conçue cette cour (de Vienne) de pouvoir procurer le chapeau de cardinal à M. l'abbé Dubois échoue, veu que si elle avoit réussi, on l'auroit empêché de chercher ce chapeau par des voyes qui pourroient être dangereuses à la cause publique 3 ».

Il ne se trompait pas tout à fait, comme nous le verrons plus loin.

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