Rec. O/jT., France, vol. 3o
3. Tel historien moderne n'ayant connu que cette lettre, a cru qu'en effet Stanhope avait recommandé sérieusement à Stair de conduire l'affaire à Finsu de l'abbé, de manière à ne pas embarrasser sa modestie et sa délicatesse.
le trouviez à propos, et que M. l'abbé l'approuvât. Sinon, vous la supprimerez, et en ce cas il faudra aussi que vous ayez la bonté de faire recopier les deux lettres de Saint- Baphorin et d'en faire ôter ce qui regarde le cardinalat. Car notre principale intention doit être de ne point nuire à M. l'abbé du Bois en voulant le servir, et c'est de quoy il sera lui-même le meilleur juge. Je vous prie (de) luy bien faire mes compliments l. »
La lettre du 16 juin n'alla pas jusqu'au Régent. Dubois, après en avoir délibéré avec L. Stair, et pris du temps pour y penser, jugea qu'en raison du grand éloignera ent où il voyait le duc d'Orléans pour cette promotion, il ne fallait pas risquer de lui en parler de peur d'un refus total et absolu dont il serait difficile de le faire revenir2.
Sage prudence. Mais au prix de quelles tortures intimes? L. Stair en augure que la conduite de l'abbé variera selon que les espérances lui viendront du côté des alliés ou de celui du pape3. « Je souhaite de tout mon cœur, écrit-il à Craggs, qu'il ait le chapeau de cardinal sur la tête. Mais j'en ai peur, le caractère de son maître est tel qu'on ne l'amènera jamais à y consentir1 ». Cruelles étaient les agitations de l'abbé vers le milieu de cette année 1719. Car outre la dévorante fureur cardinalice et la perspective du gouffre dans lequel une disgrâce pouvait le perdre à
1. L. Stanhope à L. Stair, Hanovre, 17 juin 1719. En français. Rec. Off., France, vol. 353. Les historiens mentionnés ci-dessus n'ont pas connu ce billet.
2. L. Stair à L. Stanhope, Paris, 1er juillet 1719. En français. Rec. Off'., France, vol 334. Ainsi, on s'est trompé en supposant que le Régent reçut une lettre de Stanhope qui lui demandait son assentiment à une démarche que le roi d'Angleterre se proposait de faire près de l'Empereur. (Seilhac, t. II, p. 113.) Cette lettre, écrite, en effet, le 16 juin, à l'adresse de Stair et non du Régent, pour être éventuellement communiquée au Régent, n'était qu'une fausse carte.