L. Mahon, vol. 1, p. io, édit Tauchnitz
rerie, présente le bill, dit de Rachat, destiné à atténuer le fardeau de la dette, première ébauche d'une caisse d'amortissement. Il quitte le pouvoir; mais le bill est voté sous les auspices de son successeur, Stanhope, 10 (21) avril 1717. Ce n'est encore qu'un prélude. Bientôt on s'engage d'un pas plus hardi dans la voie des grandes combinaisons financières, par les propositions simultanées de la Compagnie de la mer du Sud et de la Banque d'Angleterre, se disputant le mérite et le profit de concourir à la réduction de la dette publique, 20 (31) mai.
De ces deux sociétés rivales, la Banque avait été instituée sous Guillaume III en 1G94; la Compagnie de la Mer du Sud, sous le règne d'Anne, en 1711. Celte Compagnie, quoiqu'elle fît miroiter devant le public l'or et les pierres précieuses dont cent ans auparavant l'inventif Walter Raleigh avait paré la Guyane ou l'Eldorado, ne pouvait offrir à ses actionnaires que le mince et honteux profit de l'Asiento, c'est-à-dire la Traite des Noirs, le privilège d'établir quelques factoreries dans la mer du Sud et le droit d'envoyer chaque année dans l'Amérique espagnole un vaisseau de cinq cents tonneaux, vaisseau dont les voyages, commencés seulement en 1717, furent aussitôt interrompus par la guerre avec l'Espagne1. La Compagnie du Sud, outre ces maigres ressources, avait des droits plus utiles à percevoir sur certaines denrées. Son titre n'était donc que le plus décevant des appâts, puisqu'elle ne possédait rien, ni territoire ni comptoir dans la mer du Sud. Au moins en France, la Compagnie d'Occident de Law possède effectivement la Louisiane, où elle fonde en ce moment même la Nouvelle-Orléans, humble commencement d'une illustre cité. Telle quelle, la Compagnie du Sud jouit d'une