‹ Le RégentChapitre 92 sur 196 · Michelet, La Régence, p · texte numérisé non relu

Michelet, La Régence, p

trouvés dupés ; et maintenant c'est à qui vendra. Law, en poussant les actions trop haut, risque de mettre tout le système par terre. « Car les Français qui se lancent avec hardiesse et impétuosité pour commencer, se rejettent en arrière avec la môme impétuosité en cas d'échec. »

Malicieux et jaloux, Stair décharge sa bile, en déclarant que ce qu'il voit dépasse certainement en extravagance et en ridicule ce qui s'est jamais fait dans aucun pays. « Je voudrais, conclut-il, pour votre amusement, pouvoir causer une heure avec vous1. »

Il ne songeait pas qu'un autre pays n'était pas loin de donner un spectacle semblable, sinon pire; et que ce pays était l'Angleterre. Mais il est si difficile de regarder chez soi; si commode, chez les autres.

Cependant lorsque, le 27 août, paraît l'arrêt du Conseil autorisant la Compagnie des Indes à prêter douze cents millions au roi pour payer ses dettes, arrêt qui imprime à la hausse un essor vertigineux, L. Stair, vaincu aussi par l'apparence, ne peut se retenir de faire une inquiétante comparaison avec le désarroi des finances britanniques. Il augure du gouvernement français, devenu démesurément riche, un changement de politique, le triomphe de M. de ïorcy et de la vieille cour; et, dans la plupart de ses lettres à Craggs, il répète avec insistance le conseil de s'évertuer en Angleterre, sans perdre de temps, pour se débarrasser du fardeau terrible de la dette.

Dès lors, à ses yeux, Law est l'ennemi. Dubois, de son côté , soupçonne véhémentement Law de se liguer avec M. de Torcy contre lui. Sans être peut-être l'ennemi du système, il commence à entrer en grande défiance de son auteur. Il se trouve que l'un et l'autre, ministre et ambassadeur, ont affaire à forte cabale, chacun dans leur pays.

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