‹ Le RégentChapitre 93 sur 196 · Hardwicke Papers, vol. II, p. 586. En anglais · texte numérisé non relu

Hardwicke Papers, vol. II, p. 586. En anglais

Stair, si pénétrant, se sent en sourde défaveur auprès de son gouvernement. Elle datait de ses inopportunes querelles avec l'abbé; et maintenant, d'autres le desservent propos du système1. Il comprend que son rappel est à l'horizon; en homme énergique, il va au-devant.

Dans une dépêche à Craggs, du 1er septembre 1719, où il avoue qu'il a beaucoup de défauts, il poursuit ainsi : « Mais en supposant que j'eusse des talents et que je fusse plus capable qu'un autre de vous servir à cette cour, vous serez obligé néanmoins de changer votre ministre. Comptez que cette cour, avec sa fortune, changera.de politique; et elle voudra avoir ici un homme qu'elle puisse gagner ou duper. Considérez dorénavant Law comme premier ministre, lui, dont le langage de chaque jour est qu'il élèvera la France plus haut qu'elle ne fut jamais, sur les ruines de l'Angleterre et de la Hollande.

« Vous imaginerez aisément que je ne suis pas le ministre qu'il faut pour servir un tel dessein. Law est déjà très mécontent de moi, parce que je n'ai pas flatté sa vanité en me laissant prendre au Mississipi. Je ne pensai pas qu'il convînt à un ambassadeur du roi de donner ni son appui à une telle chose ni l'exemple à d'autres de retirer leurs effets d'Angleterre pour les mettre clans les fonds d'ici, ce qu'une foule de gens se seraient empressés d'imiter. Je me suis fait tort de trente à quarante mille livres2, que j'aurais gagnées aisément, si je m'étais mis, comme d'autres, dans les mains de M. Law; mais je n'ai pas cru qu'il m'appartînt, dans ma situation, d'agir ainsi. » Au même moment, l'abbé, ému des manœuvres de M. de Torcy, parlait à L. Stair de se démettre3.

1. 11 ne les désigne pas autrement dans sa correspondance. C'est peutêtre le comte d'Islay, dont il sera parlé plus bas.

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