Hardwicke Papers, vol. II, p. 589. En anglais
Huit jours après, 9 septembre, Stair qui, décidément, est aussi en chaude alarme, envoie à sa cour la plus véhémente dénonciation sur la duplicité de la France. Il drape Torcy et il revient à Law, que Ton doit considérer désormais comme premier ministre. Celui-ci annonce à tout venant qu'il mettra la France en état de donner la loi à toute l'Europe; qu'il n'y a en Europe qu'un grand royaume et une grande ville, la France et Paris; qu'il ruinera à son gré le commerce et le crédit de l'Angleterre et de la Hollande; qu'il brisera la banque d'Angleterre, s'il lui en prend envie; qu'il fera baisser les actions de la Compagnie des Indes Orientales. « Vous pouvez imaginer, ajoute Stair, ce que nous avons à craindre d'un pareil homme qui ne se fait pas scrupule de manifester de telles dispositions et qui aura tout pouvoir et tout crédit à cette cour. » Après cela revient sous sa plume le conseil de tout faire pour alléger, sans retard, le poids de la dette d'Angleterre, comme le plus sur moyen de déjouer les plans de Law1.
Ailleurs (23 septembre), il dépeint la furie pour le Mississipi, les gens de qualité attendant par centaines, à pied, à la porte de Law, place Vendôme, et celui-ci affirmant qu'il rendra la France si grande que toutes les nations de l'Europe enverront des ambassadeurs à Paris, tandis que le roi ne leur enverra que des courriers2.
La jactance de Law exaspérait L. Stair. En fait, pouvait-il entendre sans s'émouvoir les sarcasmes, les menaces
L. Stair à Craggs, Paris, 9 septembre 1719. En anglais, llard-Jokhe Papers, vol. 11, p. 593, 59 i.