‹ Le RégentChapitre 96 sur 196 · En anglais. The Stair Annals, vol. II, p · texte numérisé non relu

En anglais. The Stair Annals, vol. II, p

d'autant plus que l'on n'y pouvoit parvenir que par l'union de nos deux maîtres dont vous êtes Fauteur et le soutien. Tant qu'elle durera, rien n'ébranlera la prospérité de leurs peuples l. » On se souviendra que cet automne de 1719 voyait la splendeur enivrante du système. Les Anglais, comme les Français, croyaient à cette magie; Stair, pour se préoccuper de ce que le roi de France allait se trouver en mesure d'acquitter sa dette d'un seul coup, en possession d'un immense revenu et d'un crédit sans limites (20 octobre); Stanhope, pour solliciter du Régent des subsides destinés à rattacher le roi de Pologne (Auguste II) à la Prusse et à la Suède contre le tsar.

Alors, par un renversement singulier des rôles, c'est Dubois qui se croit obligé de rassurer Stanhope sur ses sentiments et son attitude à l'égard de Law. « My Lord Peterborough a du estre désabusé que je fusse mal avec M. Law par le soin que celui-cy a pris de le mener chez moy, d'abord qu'il a esté à Paris. Je n'ai point connaissance que M. Law soit mécontent de moi, et je mérite le contraire. Le seul motif du service commun de S. A. R. suffîroit pour me lier avec lui en qui d'ailleurs je ne connois que des choses louables. Je ne scay point quel fondement a eu ce que My Lord Peterborough peut avoir dit sur ce sujet. » Après quelques traits sur l'humeur brouillonne que celui-ci promène par le continent, à quoi il prendra garde sans l'effaroucher, l'abbé continue : « Je rends très humbles grâces à V. Ex. de la bonté qu'elle a eue de m'avertir de ses indiscrétions. Si il estoit aussi attaché au Roy votre maître qu'il devroit l'estre, il penseroit comme Y. Exe. et, bien loin d'estre fâché des arrangements que S. A. R. fait dans les finances du royaume, il les regar-

1. Au Gôhre (Hanovre). En français. Rec. O/f., France, vol. 354. Voir aussi Léinontey, t. I, p. 313, note.

deroit comme l'effet de l'union de nos deux maîtres et comme un avantage commun, puisque le principal usage que S. A. R. en fasse et souhaitte en faire, consiste à employer tout ce qu'elle a et peut avoir de forces et de crédit à leur deffense commune et au soutien de leurs intérêts qui sont inséparables \ »

A ces derniers mois de 1719, où la fièvre tournée en délire poussait les actions de la Compagnie jusqu'à vingt mille livres, Law, effrayé, espéra tempérer cet emportement de hausse si dangereux en faisant tour à tour acheter et vendre dans la même journée par grandes quantités. Mais il ne pouvait pas empêcher que les plus habiles ne fissent réflexion sur l'impossibilité de conserver à l'action cette valeur excessive et ne se déterminassent à la convertir en billets de la Banque, et le billet en or et en argent. Ils commencèrent à réaliser 2 et dirigèrent, dans les premiers jours de décembre, une attaque contre la Banque.

Law accusa L. Stair près du Régent d'en avoir été l'instigateur. Stair, selon sa coutume, alla droit au nœud de la difficulté; il résolut de s'en éclaircir avec le prince lui-même. Dans une audience, au commencement de décembre (1719), il tourna la conversation de manière que le duc abordât le premier ce sujet délicat; on lui avait rapporté, dit-il, qu'il était cause de l'attaque sur la Banque.

« Je luy dis, Mgr, je sçais que M. Law vous a tenu tel discours et je suis bien aise d'avoir l'occasion de prouver à V. A. R. qu'il est absolument faux dans toutes les cir-

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