A HENRY MIRAULT XI
«les. Le temps d'éternuer trois fois suffit pour traverser C'i village, pâle, scrofuleux pour ainsi dire. Quand, par hasard, il y tombe un rayon de soleil, il éclaire assez gaiement deux clochetons d'architecture grecque qui, de loin, donnent un certain caractère, une certaine élégance à ce tas sombre. Cependant, si tu y viens jamais, ce qui peut arriver, puisque j'y suis bien venu, moi, traverse Myslovitz, et tu trouveras à droite, au début delà route particuUère qui recommence, unehabitation tranquille, abandonnée mémo, au sommet d'un mamelon d'où, sous une voûte d'arbres habilement disposés, tu découvriras le paysage. Tourne le dos à cette maison. A ta gauche, tu auras la rivière qui sépare la Silésie de la Pologne, et sans efforts tu pourras, comme je l'ai fait hier, jeter une pierre par dessus, et, de la limite de la terre prussienne, frapper ainsi le sol inhospitalier, qui n'a en cet endroit que l'aspect d'un désert, car on ne peut donner un autre nom à une plaine d'un ton de rouille, fermée à une demi-lieue par son ■éternelle ceinture de sapins. De temps en temps, un chariot attelé de deux chevaux maigres y passe sans bruit, comme une ombre ou comme pour rappeler qu'il y a peut-être des hommes derrière cette tristesse. Devant toi, tu auras le cours de la Shemsha, j'ignore si c'est ainsi qu'on écrit le nom