Les Comptai f s agricoles
Nous avons vu que les comptoirs agricoles avaient été créés par la loi du 18 avril 1884. Ce sont des sociétés en nom collectif, agréées par la Caisse d'épargne, et qui proposent à celle-ci, sous leur responsabilité solidaire, des prêts agricoles, pour lesquels elles touchent un ducroire évalué à 20 p. c. environ de l'intérêt payé. Les cautions requises ici sont plus sévères ; le privilège agricole est jugé insuffisant et les avances de fonds ne se font que sur gages hypothécaires. On voit immédiatement se dégager la conséquence de ces dispositions. Les comptoirs ne sont guère .accessibles qu'à ceux qui sont détenteurs d'un bien immobilier. Les petits cultivateurs, désireux de se procurer quelque crédit à des conditions acceptables, sont refoulés vers les caisses Raiffeisen. Et, en fait, les comptoirs ont dévié de leur destination primitive, qui, dans
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l'esprit de leur auteur, devait en faire un instrument de crédit populaire. Seuls les fermiers, propriétaires fonciers, usent des avantages qu'ils comjKjrtent et les prêts consentis sont, en général, assez élevés.
L'intérêt de l'argent prêté est de 3 1/2 p. c. pour les avances inférieures à 10,000 francs et de 4 p. c. pour les avances supérieures à cette somme.
Le remboursement se fait par annuités, habituellement neuf ou quatorze ans au plus.
Depuis 1884, il a été créé 16 comptoirs, la plupart en dehors de préoccupations politiques: à Genappe et à Thuin en 1885, à Vielsalm en 1886, à Court-Saint-Etienne en 1889, à Gembloux, Namur et Lens en 1897, à Florenne, La Hulpe et Louvain en i8g8, à Gand en 1905, à Liège, Bruges et Dinant en 1906, à Bruxelles et Binche en 1909.
Les comptoirs de Thuin, Vielsalm et Court -Saint-Etienne n'existent plus.
Le rapport annuel publié par la Caisse d'épargne et de retraite renseigne que presque tous les prêts consentis à l'intervention des comptoirs agricoles sont supérieurs à 1,000 francs ; quelques-uns vont jusque 50,000 francs.
Au lendemain des élections du 22 mai 19 10, le comptoir agricole étabh au secrétariat de la rue du Boulet, à Bruxelles, a fait distribuer, dans toute la partie rurale de l'arrondissement, des milliers de circulaires, offrant aux paysans des prêts aux conditions énumérées dans ce chapitre. L'activité de ce comptoir doit suppléer à l'absence de caisses Raiffeisen, qui sont très rares dans l'arrondissement.