‹ Le régime clérical en BelgiqueChapitre 150 sur 166 · II. — Les âcoles rf classes m^-naffères · texte numérisé non relu

II. — Les âcoles rf classes m^-naffères

C'est en 1886, au Congrès de Liège, que, sur rapport de M. le chanoine Temmerman, les cléricaux décidèrent d'accorder une attention toute particulière à l'enseigneinent ménager. Leurs efforts idevaient se limiter, comme aujourd'hui d'ailleurs, à la diffusion de l'enseignement des jeunes filles des classes laborieuses. Ils furent secondés ici beaucoup plus généreusement par le Gouvernement que celui-ci n'entend le faire pour l'enseignement professionnel en général.

Les raisons sautent aux yeux. Dans un grand nombre de communes ils poursuivaient sans relâche l'œuvre de destruction des écoles primaires dites communales pour jeunes filles et les remplaçaient, au fur et à mesure, par des écoles libres. Il n'y a plus guère de commune, dans l'arrondissement de Bruxelles, qui n'ait une école de cette espèce. Partout le personnel est fourni par des sœurs, quittant périodiquement les couvents dont elles font partie pour s'improviser institutrices. C'est à ces écoles que furent annexées ces nombreuses classes dites ménagères, auxquelles ront

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des subsides sous prétexte d'enseignement ménager qui vont grossir les subventions déjà allouées par le Ministère des Sciences et des Arts.

Mais il est notoirement reconnu qu'ici, pas plus que pour les autres formes de l'enseignement professionnel, le système imaginé par le Gouvernement clérical, limitant son intervention à des encouragements à l'initiative privée, ne peut suffire pour assurer la vulgarisation des connaissances ménagères. « Nous ne nous attarderons pas, débute le rapport de M. E. Harmaut au Congre,^ de Malines de 1909! sur les écoles ménagères, à parler de l'utilité de l'école ménagère à une époque oià les plaintes sont unanimes au sujet du manque de préparation et d'aptitudes aux opérations du ménage, tant de la part des maîtresses de maison que des sujets. »

Au !'='■ janvier 1910 il existait 53 écoles et iio classes ménagères libres, puis 4 classes ménagères annexées à des écoles primaires adoptées. Toutes ces écoles et classes, ensemble 167, sont catholiques. Il existe, en outre, 76 classes ménagères dites communales, mais il s'agit ici, dans la plupart des cas, d'écoles confessionnalisées ; de telle sorte qu'on peut dire que l'enseignement ménager est pour ainsi dire entièrement entre les mains des cléricaux.

Le programme des écoles est théorique et pratique. Les cours théoriques comportent l'étude de l'hygiène, de la comptabilité ménagère et des notions de cuisine, d'alimentation et intéressant le repassage, le nettoyage, la couture, etc.

Les exercices pratiques correspondent aux cours théoriques.

Les classes ménagères sont annexées aux écoles primaires ou aux écoles d'adultes ; il en est qui sont tout à fait indépendantes de ces écoles.

Les cours se donnent deux fois par semaine, durant le jour ou le soir. L'âge d'admission est fixé à 12 ans pour les classes annexées et à 14 ans pour les autres.

Le personnel de l'enseignement ménager, pour tout le pays, est formé par une école normale catholique établie à Wavre-Notre- Dame. Les sœurs donnant les cours n'ont pas de diplômes. 11 est des maîtresses ménagères qui vont d'un village à l'autre pour tenir classe, touchent 250 francs par école, outre le logement et la nourriture ; certaines donnent ainsi l'enseignement dans six écoles. Les écoles ne peuvent pas avoir une population supérieure à 24 élèves pour avoir droit aux subsides.

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