CHAPITRE V
Les Syndicats du petit outillage
L'amélioration du petit outillage, en usage dans la petite industrie et chez les artisans, fut, dès la constitution en sections des classes, une des premières préoccupations des bureaux de ce nouveau service.
En 1905, MM. Stevens et Lambrechts, fonctionnaires du Département, furent envoyés en Allemagne et en Autriche aux fins d'étudier les mesures prises dans ces pays au profit de la petite industrie.
De son côté, nous disent les rapports officiels ^ le cercle catholique de Gand « Dieu et Patrie » se chargea de trouver la solution définitive du problème en prenant l'initiative de créer un comité d'étude avec mission de découvrir les meilleurs moyens d'améliorer l'outillage. Comme dans toutes les manifestations de notre vie nationale la politique cléricale ne perd jamais ses droits, la Ligue démocratique prit part à ces travaux, en même temps que la Ligue agricole et l'Ecole professionnelle Saint -Antoine, installées l'une et l'autre à Gand.
Les dispositions édictées dans la suite par le Ministère de l'Industrie et du Travail ne furent qu'une reproduction des moyens présentés par le comité gantois comme étant ceux qui paraissaient les plus susceptibles de venir en aide, au point de vue de l'outillage, aux artisans de notre pays. Il importait, avant tout, de perfectionner cet outillage ; il importait surtout de mettre les artisans en situation d'y recourir, l'acquisition d'outils mécaniques et des moteurs réduits étant onéreuse et peu à la portée des budgets modestes .
C'est dans ces conditions qu'il fut décidé que le Ministère de l'Industrie et du Travail encouragerait la formation de groupements entre artisans et petits industriels adoptant le régime légal des unions professionnelles, et interviendrait dans leur activité de diverses manières. Des conférences expérimentales seraient organisées pour faire connaître aux intéressés les outils et moteurs
' Bulletin de l'Office des classes moyennes, l" année, 13 juillet 1907.
perfectionnés, à gaz ou à l'électricité, et les initier à leur maniement. Des services de renseignements gratuits seraient organisés afin de leur permettre d'être éclairés sur certains détails insuffisamment compris par les conférences ; un enseignement technique' approprié compléterait l'œuvre générale d'éducation professionnelle et des concours stimuleraient l'ardeur de tous pour assurer le perfectionnement progressif des nouvelles méthodes de travail.
L'acquisition des outils les plus modernes et des petits moteurs devait être largement facilitée aux associations dites syndicats du petit outillage, par l'octroi de subsides importants. Ces syndicats avaient pour objet la vente et la location de machines, moteurs et outils à leurs membres.
Incontestablement, l'outillage perfectionné d'aujourd'hui est de nature à favoriser la production, à la rendre moins pénible et moins coûteuse ; incontestablement aussi la petite industrie peut, dans ces conditions, faire croître le bénéfice du producteur, abaisser le pri.\ de revient et lui permettre ainsi de soutenir avec plus de succès la concurrence étrangère.
Voici dans quelles conditions le Ministère du Travail ^ décidait d'intervenir :
I. Il est accordé, pour tout achat d'outillage ayant une valeur d'au moins 200 francs, un subside de 5 p. c, avec maximum de 150 francs, lorsqu'il s'agit d'un artisan ou d'un petit patron isolé.
En ce qui concerne l'outillage d'un atelier central servant en commun à des artisans et petits patrons, le subside ne pourra dépasser 100 francs par participant, avec maximum total de 500 francs.
Par mesure transitoire, il pourra être accordé im second subside équivalent aux trois cinquièmes du subside initial pwur les affaires introduites avant le i^"^ janvier 1908.
Toutefois, il ne sera pas accordé de second subside de moins de 5 francs.
II. Le subside de l'Etat ne sera accordé qu'aux artisans et petits patrons n'occupant pas un nombre d'ouvriers supérieur aux chiffres du tableau ci -après :
Nombre d'ouvriers