Tailleurs
' Circulaire aux présidents des syndicats d'outillage, 1-4 octobre 1908.
Les Œuvres sociales et économiques. 583
Dans le nombre d'ouvriers sont compris les membres de la famille du patron. Les apprentis de moins de i8 ans comptent pour un demiouvrier.
m. Ce subside peut être refusé en considération de l'importance des affaires ou de la situation de fortune de l'intéressé. Les renseignements à cet égard sont fournis par les syndicats.
Un certificat émanant du receveur des contributions, mentionnant les impositions portées dans les rôles des intéressés, pourra être demandé par l 'Administration .
IV. Une subvention de 75 francs par an sera allouée aux syndicats d'outillage pour leurs frais de gestion et de comptabilité. Une partie de cette subvention sera consacrée à la propagande.
V. La subvention annuelle ci -dessus pourra être majorée en faveur des syndicats qui auront fait preuve d'activité exceptionnelle.
Les présidents des syndicats doivent vérifier si, dans leur district, l'outillage mécanique des artisans et petits patrons est suffisant ; conseiller l'achat d'outillage nécessaire ou utile ; recourir à l'avis du Service technique de l'Office des métiers et négoces ; contrôler, avec le concours de ce Service, l'opportunité die l'achat et ses conditions ; revoir dans l'intérêt de l'acheteur les clauses du contrat d'achat ; demander les commissions et ristournes que les vendeurs et fournisseurs pourraient accorder ; aider les acheteurs à trouver le crédit nécessaire ou leur faciliter les conditions de paiement ; organiser, en faveur de l'amélioration de l'outillage, la propagande par la presse, par des conférences théoriques et, éventuellement, par des conférences expérimentales : tels sont les éléments d'activité des syndicats d'outillage.
A''. B. — Peuvent seuls jouir du bénéfice des subsides les artisans ou petits patrons travaillant eux-mêmes avec quelques ouvriers. Pour les professions suivantes, ce nombre est limité comme ci-après :
1° Menuisiers, charrons, charpentiers, ébénistes : avec force motrice 4 ouvriers ; sans force motrice 5 ouvriers ;
2° Serruriers, forgerons, ferronniers : avec force motrice 4 ouvriers ; sans force motrice 5 ouvriers ;
3" Boulangers :|avec force motrice 3 ouvriers ; sans force motrice 4 ouvriers ;
4° Imprimeurs et relieurs : avec force motrice 3 ouvriers ; sans force motrice 4 ouvriers ;
5° Mécaniciens, plombiers -zingueurs : avec force motrice 2 ouvriers ; sans force motrice 3 ouvriers ;
6° Bouchers, charcutiers : avec force motrice 2 ouvriers ; sans force motrice 3 ouvriers ;
7^ Tailleurs : avec force motrice 2 ouvriers ; sans force motrice 3 ouvriers.
Dans le nombre d'ouvriers sont compris les membres de la famille du patron. Les apprentis de moins de 18 ans comptent pour un demiouvrier.
Comme nous l'avons vu, l'Office des métiers et négoces organise également des conférences expérimentales subsidiées par les communes et certaines provinces. Cette tâche incombe au service technique.
D "après ie Bulletin ofliciel de l'Office des métiers et négoces, 214 conférences auraient été données depuis 1904 jusqu'au l'f janv-ier 191 I. Les boulangers, les travailleurs du bois et du fer interviennent dans ce chiffre pour i 56. C'est dans la Flandre occidentale qu'elles semblent avoir le plus de succès.
Le nombre des syndicats au 31 janvier 1910 s'élevait à 25. Ils fonctionnent successivement à Anvers, Malines, Bruxelles, I-ouvain, Nivelles, Bruges, Courtrai, Roulers, Thielt, Ypres, (land, Alost, Charleroi, Châtelet, Ecaussines, Jumet, Tournai, l.iége, V'erviers, Hasselt, Namur, Dinant, Marche. Bastogne et Tintigny.
L'Office des métiers et négoces érudie en ce moment la question du crédit aux syndicats et à leurs membres pour l'acquisition des outils et moteurs perfectionnés. Cette préoccupation doit donner satisfaction au vœu formulé au Congrès catholique de Tournai de 1908. ainsi libellé : «Voir le Gouvernement organiser, dans le plus bref délai possible, le crédit spécial à l'outillage. »
A ce même Congrès fut émis également un vœu lendant à créer une fédération entre les 25 syndicats existants. L'Office des métiers et négoces, toujours très attentif aux désirs des hommes d'œuvre catholiques, a pris l'initiative, l'an dernier, de provoquer une réunior. des présidents des syndicats pour la création d'une fédération. Deux hauts fonctionnaires de l'Office siégeaient au bureau. Nous n'avons pas besoin d'insister sur le but poursuivi par le groupement des divers syndicats : il tend incontestablement, une fois de plus, à renforcer la propagande cléricale, en livrant toutes les œuvres poursuivant l'amélioration de l'outillage aux catholiques.
En dépit de l'activité déployée par ceux-ci pour tirer ])rofit, une fois de plus, politiquement parlant, de cette question d'ordre économique, tous ces efforts sont restés inefficaces. On peut ajouter, au surplus, que cette activité n'a pas da\antage trouvé une solution vraiment nationale, que l'on puisse considérer comme une mesure réellement profitable à la petite bourgeoisie.