Enseignement mot/en pour t/arçons
L'enseignement moyen est assuré par des écoles et des sections a.gricoles. Celles-ci se distinguent des premières en ce qu'elles comportent une méthode mixte d'éducation générale et de formation professionnelle.
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Dans les unes et les autres, l'enseignement dure deux ou trois ans ; les élèves doivent être âgés de 12 ans au moins.
Une seule école d'agriculture, celle de Huy, appartient à l'Etat. Placée sous la surveillance et le patronage d'un conseil d'administration composé de sept membres, elle s'adresse aux jeunes gens âgés de 14 ans. Les cours durent deux ans.
A côté de cette institution officielle existent trois écoles catholiques d'agriculture subsidiées, celles de Carlsbourg, de La Louvière et de Leuze ; ici, comme là, la durée des études est de trois ans. Toutes trois ont des champs d'expérience et des jardins.
Quant aux sections agricoles, au nombre de quinze, toutes sont catholiques et toutes sont subsidiées par le Gouvernement et les six provinces aux mains des cléricaux.
Elles sont de véritables pépinières d'où sortiront les hommes d'œuvre catholiques. Préparés à l'économie et à la technique des œuvres agricoles, ceux-ci, devenus adultes, iront aider le clergé dans sa tâche d'organisation rurale, où ils seront d'un grand appui pour leur parti.
Voici la liste des sections agricoles catholiques subsidiées :
Collège Saint -Louis, à Waremme ;
Institut épiscopal Notre-Dame de Deinsbeke, à Sottegem ;
Collège épiscopal de Nieuport ;
— — à Avelghem ;
— — de Thielt ;
— — de Chimay ; Institut Lindemans, à Opwyck ;
Collège Notre-Dame de Belle-Vue, à Dinant ;
— épiscopal d'Enghien ;
— Saint -Joseph, à Hasselt ; Institut Saint -Joseph, à Virton ; Collège Saint-Hadelin, à Visé ;
— épiscopal, à Aerschot ;
— Saint -Trudon, à Saint-Trûnd ; i ■ ! , Institut Otters,"à Buggenhout ;
Ecole moyenne libre, à Ellezelles ; 1
— d'agriculture, à Fleurus ; Collège Notre-Dame, à Hal ;
— Notre-Dame, à Tirlemont ; Institut Saint -Léonard, à Thuin ;
— Saint-Jean-Baptiste, à Wavre ; ■■ Pensionnat Saint -Antoine, à Waterloo ; Collège Notre-Dame, à Tongres.
Les cléricaux, comme on voit, au lieu d'organiser de nombreuses écoles et sections agricoles officielles, ont préféré limiter l'intervention gouvernementale dans le vaste problème qu'est la formation professionnelle des cultivateurs, à la seule création de l'école de Huy, trouvant intérêt à confier cette tâche aux congrégations, qui s'efforceront, moyennant les subsides de l'Etat, de dresser la jeunesse des campagnes à l'apostolat laïc et clérical. Il y a jusqu'à la notice' officielle publiée par le Ministère de l'Agriculture qui reconnaît cette situation de fait en écrivant que « ces établissements ont grandement contribué au développement de l'esprit d'association. L'union entre camarades a facilité l'éclosion de sociétés et de syndicats. Ils deviennent tout naturellement des centres de consultation et d'information ; leurs professeurs se distinguèrent comme conférenciers. »
C'est dans ces conditions que le devoir s'impose de plus en plus aux provinces non cléricales de combler cette lacune voulue par le Gouvernement, en créant des écoles provinciales d'agriculture. La province de Brabant, à l'initiative très louable de M. Ch. Gheude, député permanent, est entrée dans cette voie en décidant la fondation de deux écoles provinciales, dont l'une sera installée à Tirlemont et l'autre à Court-Saint-Etienne ; le Hainaut a créé également une école d'agriculture à Ath.
Cet exemple sera sans doute suivi.
Des cours d'agronomie sont donnés dans les athénées royaux, les écoles moyennes de l'Etat, les écoles libres .d'enseignement moyen et même dans les séminaires !
Ils ont pour objet d'initier les jeunes gens qui font des études moyennes aux notions générales d'économie rurale et comportent trente-cincj leçons, non comprises quelques excursions à des exploitations agricoles modernes.
Cinquante cours sont actuellement fréquentés par plus de 2,000 élèves.
C'est néanmoins très peu, étant donnée la population globale des écoles moyennes du Royaume.
m. — Enseif/nement ménager pour Jeti nés filfes
Les écoles ménagères agricoles prétendent assumer la mission de préparer les jeunes filles des cultivateurs en vue du rôle qu'elles ont à jouer en tant qu'épouses et mères, puis comme fermières.
.\ cette fin, il existe des écoles permanentes et des écoles temporaires ; la durée des cours est de deux ans.
' Notice sur Féconomic rurale Weissenbrurh. iO, nu- du Poinçon, Bruxelles.
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A. — Ecoles permanentes.
1 . Les sections ont pour but d'inculquer aux jeunes filles l'amour de la profession agricole ; on y enseigne les notions générales d'agriculture, d'économie domestique et de comptabilité.
2. Les écoles ménagères comportent un enseignement théorique et pratique plus étendu.
Il en existe dix-sept en Belgique, toutes libres et cléricales et toutes pour ainsi dire enrièrement à charge de l'Etat. Elles sont établies à Bastogne, Bouchout, Brugelette, Champion, J-Ierve, Gooreind, Gyseghem, Oosîerloo, Overyssche, 'S Gravenwezel, Virton, Berlaere, Celles, Vorst, Tessenderloo, Cortemarck, Waremme, Héverlé (Ter Bank), Jodoigne, Maulde, Wavre-Notre-Dame.
Hormis l'école de Bouchout, toutes dépendent d'une institution religieuse.. Des diplômes sont conférés à celles des jeunes filles qui veulent se soumettre aux examens ; des bourses d'études sont attribuées par le Gouvernement de même à celles réputées les plus méritantes.
3. Les écoles supérieures d'agriculture sont, disent les documents officiels, de véritables écoles normales pour les jeunes filles qui désirent professer l'enseignement ménager agricole ou qui doivent posséder des connaissances étendues lorsqu'elles collaborent à la direction de grandes exploitations agricoles.
Il en existe une seule : l'Institut du Sacré-Cœur et de l'Immaculée Conception, établie à Louvain.
C'est à ces jeunes filles diplômées que le Ministère de l'Agriculture confie la niission de donner des conférences subsidiées sur diverses questions agricoles et c'est aussi parmi elles qu'il recrute le personnel des écoles temporaires.
B. — Ecoles ménagères temporaires.
Les écoles ménagères temporaires, créées depuis 1890, ont un caractère ambulant. Elles ont pour but d'initier les jeunes filles aux nouvelles méthodes de laiterie et de leur inculquer les connaissances ^relatives à l'économie d'une ferme.
Elles vont de village en village, à la demande écrite de vingt jeunes filles, appuyée par le comice régional.
L'enseignement est théorique et pratique. Le corps enseignant est composé d'un directeur, dans l'occurrence l'agronome de l'Etat, et de deux maîtresses de laiterie. Tout un matériel de démonstration pratique est transporté dans le village qui a requis une école, et celle-ci y fonctionne durant trois mois. Les frais s'élèvent pour cette période à 2,000 francs, couverts en partie par l'Etat, par le comice et par la province, sauf dans le Hainaut.
Les jeunes filles doivent être âgées de quinze ans et posséder une bonne instruction primaire.
Des diplômes sont conférés aux jeunes filles subissant avec fruit leurs examens, et le Gouvernement leur octroya des livres en récompense de leur travail et de leur assiduité.
Ces écoles ambulantes ont aidé sou\'ent à la création d'écoles permanentes dans les établissements congréganistes. Tel est le cas à Celles, Maulde, Waremme, Champion notamment. Une session de l'école ambulante est créée dans le couvent, les sœurs fréquentent les cours pendant quatre mois et, au départ de l'école ambulante, elles s'improvisent, peut-on dire, maîtresses ménagères. Les caisses de l'Etat leur sont tout de suite largement ouvertes.
C'est presque toujours à la demande du clergé, de syndicats agricoles et de cercles de fermières catholiques que ces écoles vont se fixer dans les villages. Voici en quels termes le XX^ Siècle du 2 1 octobre 19 lo annonçait, dans sa chronique agricole, l'arrivée d'une école dans un village :
« C'est presque un événement ce qui se passe en ce moment dans notre humble petit village : on en parle comme d'une installation de curé. Figurez-vous que, l'autre jour, deux demoiselles sont venues prendre possession de la maison la plus confortable de la commune, qu'elles ont remplie de la cave au grenier d'un attirail de machines, ustensiles, appareils de laiterie, bibliothèque et que sais-je encore? D'où venaient-elles? Personne ne le savait. Que venaient-elles faire? On ne le savait guère davantage.
» Bientôt, cependant, le mystère s'éclaircif : un grand écriteau, qui fut fixé au-devant de l'entrée, portait ces mots : « Ecole ménagère agricole de l'Etat ». Du coup on comprit : c'était tout bonnement les « demoiselles du Gouvernement » qui venaient apprendre aux jeunes filles de l'endroit à devenir des ménagères, des fermières modèles, et dont l'arrivée avait été annoncée, quelques semaines d'avance, par M. le curé et la dame du château. »
Puis, plus loin :
« Combien les mères qui ont confié leurs enfants à cet enseignement — plutôt pour faire plaisir à M. le curé ou pour obliger la dame du château — doivent-elles s'estimer heureuses à présent en voyant ce renouveau s'opérer dans leurs jeunes filles et déjà rayonner sur tout le foyer. »
Depuis 1890, 3,509 jeunes filles ont été diplômées.