‹ Le régime commercial après la guerreChapitre 9 sur 14 · LES CAUSES ÉCONOMIQUES DE LA QUBRRB · texte numérisé non relu

LES CAUSES ÉCONOMIQUES DE LA QUBRRB

sous l'exaltation mystique dont il est constamment l'objet, tous ses traits personnels. Il est devenu quelque chose d'énorme sans nom, quelque chose d'intermédiaire entre une machine à vapeur el un dieu, un maréchal Vorwaetis à 3.000 chevaux-vapeur. »

Il est évident, qu'une conception du monde qui attribue aux hommes les qualité des machines et qu' envisage la lutte entre les peuples du point de vue purement technique, doit avoir de profondes racines matérielles. Et en réalité l'Allemagne avait si bien préparé le côté technique de la guerre qu'il vint un moment où machine montée dut se mettre en mouvement. Ce moment arriva, quand les capitaux investis dans l'industrie guerrière n3 rapportèrent plus de profit, quand il devint évident qu'une guerre était nécessaire pour consommer les produits de cette industrie. Et ce moment coïncida justement avec la crise économique.

A l'heure actuelle et si longtemps après le commencement de la guerre, ses ressorts ne présentent plus rien de secret et sa préméditation peut être établie. Les révélations sensationnelles de Giolitti au Parlement italien en décembre 1914 ont suffisamment démontré que déjà, durant l'automne 1913, l'Allemagne et l'Autriche étaient prêtes à la guerre et que ce fut seulement le relus courageux de l'Italie de suivre ses alliées dans une guerre offensive qui fit reculer la déclaration de la guerre jusqu'en 1914. Il est donc établi que l'Allemagne et l'Autriche désiraient la guerre en automne 1913. Or, l'automne 1913 était marquée en Allemagne par une crise économique, dont on chercherait vainement la pareille durant toute son histoire.

Cette crise indiquait que l'industrie allemande ne pouvait plus se développer dans la môme direction. Il lui fallait ou bien changer son orientation, c'esl-à-

l'avenir

dire trouver un autre investissement pour ses capitaux ou bien élargir le marché pour les produits de Vindustrie guerrière et pour les emprunts d'Etat, c'est-àdire provoquer une guerre qui consommât les produits de l'industrie guerrière et créât la nécessité d'une production nouvelle. L'Allemagne choisit celte dernière voie et nous trouvons l'explication de son attitude dans des causes politiques purement internes. Dans un pays où l'organisation à moitié féodale et moyennâgeuse de la société, avec suprématie des éléments guerriers, fait considérer la guerre comme un des moyens principaux de consolider l'Etat, le capitalisme industriel reçut l'empreinte de ces tendances guerrières et créa un énorme appareil guerrier.

La responsabilité de la guerre retombe non seulement sur Guillaume et la clique militariste qui l'entourait, mais aussi sur les groupes sociaux dont les . intérêts matériels étaient liés à la guerre, notamment sur les industriels, dont les capitaux étaient investis dans des entreprises de fournitures pour la guerre et sur les financiers qui avaient placé leurs capitaux dans des emprunts d'Etat.

Ce sont justement ces groupes-là qui se trouvèrent menacés par la crise de 1913 et c'est eux, qui de plus €n plus virent leur salut dans la guerre. La crise s'annonçait avec des dimensions tout à fait formidables.

Nous avons déjà exposé, que le moment essentiel d'une crise est donné par la disproportion entre la production et la consommation, par l'impossibilité d'un échange entre ces deux parties du capital. Dès qu'il y a un ralentissement dans l'échange, dès qu'existe l'impossibilité de réaliser une partie des produits de l'industrie d'une économie nationale, les facultés d'achal de la nation baissent. Et puisqu'une nation industrielle comme la nation allemande, qui s'est spécialisée dans la production des moyens de

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