Arch. dép., 1M
4. Arch. dép., 16 M 55. Borie au ministre de l’Intérieur, 2 ventôse-21 février 1802. « Je connaissais particulièrement, écrit-il, ses vertus morales et ses droits à l’estime publique. »
duit un portrait de Mounier’ qui doit appartenir à cette période de sa vie, après son retour en France. Les traits sont graves, un peu épaissis par l’âge, le visage large; les yeux calmes et doux donnent à toute la physionomie un aspect plus résigné qu'énergique. Nous allons voir cependant que le préfet d’Ille-et-Vilaine sut retrouver à plusieurs reprises dans les actes de son administration l'autorité active de l'avocat dauphinois et de l’ardent promoteur de l'assemblée
de Vizille *.
IL. — A peine arrivé dans le département, le nouveau préfet eut à déjouer une conspiration militaire, celle dite des Libelles, que Bernadotte lui-même favorisa. Selon son habitude le rusé gascon sut pousser en avant plusieurs de ses officiers et les compromettre, sans se mêler trop ouvertement à leurs intrigues, de manière à dégager très adroitement en temps utile sa responsabilité personnelle. L'armée de l'Ouest venait d'être supprimée, mais beaucoup de troupes étaient encore rassemblées dans les départements bretons et n'avaient pas reçu la désignation de nouvelles garnisons. D'ailleurs les forces militaires destinées à l'expédition de Saint-Domingue passaient par la Bretagne. À Rennes se trouvaient au début de 1802, la 79° demi-brigade (3 bataillons) d’un effecuf de 1883 hommes, la 82° (3 bataillons) avec 1501 hommes, les 3° et 4° bataillons du 7° léger, soit 683 hommes et le dépôt du 19° chasseurs à cheval” : c’est-à-dire un effectif de plus de 4 000 soldats qui pouvaient être entraînés facilement par le chef d'état-major de Bernadotte, le général de brigade Simon, âgé de 32 ans, actif et instruit. Il y avait beaucoup de mécontents dans l’armée. Les nouvelles de Paris lui montraient Bonaparte favorisant les anciens émigrés et les membres de ce clergé réfractaire qui avaient combattu la Révolution avec tant d'âpreté. Les officiers de l’ancienne armée du Rhin qui traversaient la Bretagne pour gagner Brest et voguer ensuite pour Saint-Domingue contribuaient à encourager ces dispositions hostiles ; beaucoup d'entre eux n'avaient pas encore oublié leur général Moreau, et n'étaient guère sympathiques au premier consul. Le général Simon fut probablement le principal rédacteur des libelles qu'on allait dis-