CHAPITRE XIII
SOMMAIRE
I. — La trop grande liberté laissée par la Convention à l'enseignement public ne pouvait convenir longtemps à Bonaparte. Après l'enquête de l’an IX tout le système d'instruction fut modifié par la loi du 11 floréal an X (1°* mai 1802). Les derniers jours de l’école centrale d’Ille-et-Vilaine et création du lycée de Rennes par l'arrêté du 16 octobre 1802.
IT. — Une commission spéciale formée de Despeaux et de Marie-Joseph Chénier vient à Rennes pour préparer l’organisation du nouveau lycée. Le personnel enseignant est emprunté aux écoles centrales. Prospectus du lycée (août 1803). Inauguration solennelle le 10 octobre. Discours de Mounier.
IT. — Les anciens collèges disparus sont remplacés par un grand nombre d’établissements qualifiés d'écoles secondaires où l’enseignement est abandonné à l'initiative particulière sous la surveillance du préfet. Écoles secondaires com munales et écoles particulières dans les arrondissements de Rennes, Vitré, Fougères, Saint-Malo.
IV. — Situation précaire de l’enseignement primaire; il se confond souvent avec celui que l’on donne dans les petits pensionnats du second degré. Tableau des écoles élémentaires dans l’arrondissement de Fougères. Le défaut capital qui entrave leur développement est le manque d'instituteurs. Les congrégations enseignantes reprennent de jour en jour leur influence d'autrefois.
I. — La grande enquêle sur l’enseignement public prescrite en l'an IX par le gouvernement consulaire avait about, nous l’avons
Bibliographie.
A. Archives départementales.
1 T6 (Écoles primaires. Locaux. Personnel).
1 T r9 (Écoles primaires. Correspondance).
1e LES PRÉLUDES DE L'EMPIRE
vu, à la condamnation du système des Écoles Centrales. La majorité des conseils généraux leur fut indifférente ou hostile. Bonaparte ne fut nullement contrarié de voir se manifester ainsi dans la plupart des nouvelles assemblées départementales un esprit défavorable aux œuvres scolaires de la Convention. Sans douteil consentait à maintenir les conquêtes de la Révolution, mais en les régularisant à sa mamière et pour le meilleur profit de son ambition autoritaire; 1l acceptait volontiers les anciens conventionnels dans son entourage immédiat, 1l ne leur refusait pas les hautes charges de l’administration civile ou militaire, mais toujours à la condition expresse qu'ils se feraient les serviteurs dociles de sa volonté et sauraient s’ingénier à lui plaire par une flatteuse insinuation. La trop grande hberté laissée par la Convention à l'enseignement public convenait peu à l’homme que la France venait d'honorer d’un Consulat à vie et qui déjà rêvait l'empire. Il ne pouvait approuver le système de l'an IV dont les principaux inspirateurs étaient ces idéologues qu'il devait poursuivre quelques années plus tard de ses sarcasmes et des rigueurs de sa police impériale. Il lui fallait des établissements d'instruction placés sous la dépendance immédiate du pouvoir central et où une forte discipline préparerait les élèves à la vie du soldat. Sa politique scolaire ne se révela pas tout de suite avec précision. Il avait laissé d’abord fonctionner le système d'instruction créé par la Convention, mais après Marengo et Hohenlinden, quand il se vit adoré de cette France à laquelle il venait de donner la paix glorieuse qu’elle souhaitait, 1l changea tout.
La réorganisation de l’enseignement suivit de près l'enquête de l'an IX. La loi du 11 floréal an X (1 mai 1802)' négligeait les
HAT (École centrale de Rennes).
2T5 (Lycée de Rennes).
2T8, 9, 11 (Écoles secondaires d’Ille-et-Vilaine). B. Archives municipales de Rennes, M À (Bâtiments).