‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 185 sur 221 · Arch. dép., 2T5. 13 brumaire an XI (4 novembre · texte numérisé non relu

Arch. dép., 2T5. 13 brumaire an XI (4 novembre

se composer de Despeaux, inspecteur général, et de Cuvier, membre de l’Institut. Mais Cuvier ne se rendit pas à Rennes ; il fut remplacé en germinal (mars 1803) par Marie-Joseph Chénier. Accompagné de Despeaux, 1l fut reçu à Rennes par Mounier dont il vante le « zèle et les lumières ». Les deux commissaires procédèrent à l’examen des élèves de l’école centrale et des six écoles secondaires de la ville. Ils interrogèrent aussi tous les candidats qui se présentèrent pour briguer les postes de professeurs dans le nouveau lycée et partirent à la fin de floréal (20 mai 1803) afin de présider des examens analogues dans les villes importantes de la Bretagne".

D'après leurs indications le personnel du lycée fut peu à peu consitué dans la période de prairial à thermidor an XI. La direction du nouvel établissement fut donnée au proviseur Delarue, âgé de 33 ans; il avait été 5 ans maître d’études dans les collèges parisiens de Navarre, d'Harcourt et Louis-le-Grand, puis un an sous-principal dans ce dernier collège pour la surveillance des humanités et 3 ans principal au collège de Reims. Il était depuis 1797 sous-directeur des études au Prytanée de Paris lorsqu'il fut désigné pour le provisorat de Rennes (14 prairial an XI-3 juin 1803). Le premier censeur fut Aubin, et le procureur gérant ou économe, Malherbe, ancien bénédictin, irès considéré dans la ville. Ces trois administrateurs de caractère simple et modeste s’entendirent fort bien. Quant aux huit professeurs qui devaient former le corps enseignant, ils furent désignés par l'arrêté du 7 thermidor an XI (26 juillet 1803), surtout d’ après les notes et renseignements fournis par Mounier au Conseiller d'État Fourcroy. Ces Rae viennent tous des Écoles centrales, et cinq d’entre eux avaient déjà enseigné à l° École de Rennes. Germé fut chargé de l’enseignement des Belles-Lettres (rhétorique supérieure d'aujourd'hui), Rabillon de la 1" et 2° classe de latin, Lesage de la 3° et 4° classe de latin. Binet eut l'enseignement des mathématiques transcendantes, Rozais la 1° et 2° classe de mathématiques. Bertrand, professeur à l'École centrale de Limoges, dirigea les 5° et 6° classes de latin: Marot venu de l'École centrale de Vans fut chargé de la 3° et 4° classe de mathématiques, et Sarthou, venu de Bordetus prit l’enseignement des mathématiques en 5° et 6°*.

L'entretien des lycées coûtera moins cher que celui des Écoles centrales. Les traitements des professeurs sont, en effet, réduits. La loi de floréal n’en parlait pas. L'arrêté du 15 brumaire an XII (7 no-

1. Arch. nat., F17H 3127. Lettres de M. J. Chénier à Fourcroy, 8-28 floréal an XI. 2. Arch. nat., FH 1325; et arch. dép., 3T3.

vembre 1803) les régla. Paris formait une classe particulière. Les autres lycées étaient répartis en 3 catégories. À Rennes, lycée de 2° catégorie, les traitements furent les suivants :

Protiseur Nes MMM TG 60 FANS César re 2000 — Piocureur:sérant- Rte mo ie 1600 — Professeur dE neo elasse Mi TOO dé ciasse ET OO — dérserclasse TE 1200 — Naitrestétides RAR RTE" 800 —

Le prix de la pension est de 600 francs pour les élèves nationaux comme pour ceux entrelenus par leurs parents”

L'enseignement des lycées fut établi par l'arrêté du 19 frimaire an XI(10 décembre 1802). On en retrouve les dispositions principales dans le prospectus que rédigèrent en août 1803 les premiers administrateurs du lycée de Rennes. Ce prospectus est relatif aux conditions d'admission et aux avantages de l'établissement. « Un lycée est un établissement d'instruction publique pour les langues anciennes et les mathématiques. » Ceci est la reproduction de l'article 1° de l'arrêté du 19 frimaire qui paraissait réduire singulièrement le programme d'études. En réalité dans la pratique une part assez large allait être faite à l'histoire de France, grâce à l'influence personnelle de Bonaparte qui avait une très haute idée de l'utilité de l’enseignement historique”, et aussi aux sciences physiques et naturelles. Le programme des lycées n’en revenait pas, comme on l'a prétendu parfois, à l’ancien système pédagogique des Jésuites. On ne proscrivait plus, comme avant 1780, ces sciences expérimentales pour lesquelles Diderot, d'Alembert et les Encyclopédistes réclamaient une place prépondérante dans l'éducation.

Nous lisons ensuite dans ce même prospectus: € Le régime intérieur du lycée et sa discipline ont pour base l’ordre militaire. La morale pratique y a pour fondement la religion et le culte catholique. » En effet, l’arrêté consulaire avait établi qu'il ÿ aurait un aumônier dans chaque lycée; la prière serait dite en commun, les exercices religieux seraient obligatoires. Aucune disposition de ce genre ne figurait dans la loi de floréal. Au cours des débats, devant le tribu-

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