CHAPITRE XIV
L'ILE ETVILAINE A LA FIN DE LA PÉRIODE CONSULAIRE LE PLÉBISCITE RELATIF A L'HÉRÉDITÉ IMPÉRIALE
SOMMAIRE
I. — Mesures de Mounier pour réduire la mendicité et développer la prospérité publique. Ses efforts seront bientôt contrariés par la rupture de la paix d'Amiens. Création de l'arsenal maritime de Saint-Servan ; nouveaux armements en course par les négociants de Saint-Malo.
IL. — Participation du département à l'exposition générale des produits français en l’an X. Une chambre consultative des arts et manufactures est créée à Rennes. Accroissement de la population dans l’Ille-et-Vilaine (509 397 habitants).
HI. — Sénatus-consulte du 26 avril 1802 très indulgent pour les anciens émigrés ; mais dans les départements de l'Ouest la surveillance de la police n’en demeura pas moins très active. Mission de Gouvion Saint-Cyr dans l’Ille-et- Vilaine (an XD). Le général Delaborde prétendant maintenir encore la suprématie de l'autorité militaire en matière de police, Mounier eut l’occasion de défendre avec énergie les droits de l'autorité préfectorale. Prétendue conspiration à Rennes peu de temps avant le couronnement de Napoléon. L'affaire Faure-Biget.
IV. — Préparation de l’Empire favorisée dans le département par Mounier. Adresses des conseils d'arrondissement et municipaux. Plébiscite de l’an XII relevé par cantons et communes. Le chiffre des votes négatifs est devenu presque insignifiant (11). Attitude favorable du clergé. Au début de 1805 Mounier appelé au Conseil d'Etat est remplacé comme préfet d’Ille-et-Vilaine par Bonnaire, qui sera le préfet de l'empire.
I. — Mounier chercha assidûment comme Borie à relever la pros-
Bibliographie.
A. Archives départementales.
9 K 1 (Arrêtés des préfets an VIIT-1803).
périté publique dans le département qui avait un si grand besoin de développer ses ressources. Mais les résultats ne répondirent pas toujours à ses efforts généreux qui furent d’ailleurs contrariés dès 1803 par la fâcheuse rupture de la paix d'Amiens et le renouvellement des hostilités avec l'Angleterre. La mendicité, qui avait si souvent motivé les doléances de Borie auprès des pouvoirs publics, demeurait un véritable fléau pour la région; cette situation pitoyable, même dans les villes importantes, impressionnait tous les nouveaux venus dans le département.
Cornudet, titulaire de la sénatorerie de Rennes, adresse de curieux rapports de quinzaine à Napoléon toujours en quête d’informations et de statistique. Il écrit notamment le 24 floréal an XIII [14 mai 1805]: « En la ville de Rennes les femmes et les enfants mendient avec autant de hardiesse qu’en Italie. C’est une lèpre que l'ancienne magistrature entretenait fastueusement et qui se perpétuera jusqu'à ce que des moyens de travail soient organisés. La liste des individus ayant besoin de secours porte le nombre à 8000°. » Mounier avait cependant peu de temps après son arrivée pris un arrêté pour réduire la mendicité, et diminuer le nombre des chemineaux et des vagabonds”. Les maires devaient renvoyer, de leurs communes tous ceux, qui n'ayant pas acquis le droit de domicile par un séjour de plus d’une année, ne pouvaient subsister sans secours, exception faite pourtant des vieillards de 70 ans et des anciens soldats blessés au service de l'État.
Les individus ainsi renvoyés recevaient un passeport pour retourner dans leur pays d'origine, s'ils étaient étrangers, et dans leurs
8 M 1 (Haute-Police. Instructions et documents). 24 M 10 (Expositions industrielles; envois d’Ille-et-Vilaine). 13 P 5o (Rapports du receveur des finances).
1 V6 (Correspondance du ministre de la Justice). B. Archives municipales de Saint-Malo. Série D. Registre 1803-1810. C. Archives de la marine à Saint-Servan.
D. Archives nationales.
AF1v, 1053 (Affaires de l'Ouest).
BB? 68 (Correspondance du ministre de la Marine). BI 5304 à 7318 (Plébiscite pour l’hérédité impériale). BU 850? (Hérédité impériale. Adresses militaires). F1C 1x, Ille-et-Vilaine, 9 (Esprit public).
F764479-7305 (Dossiers de police).