‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 193 sur 221 · Arch. nat., BB · texte numérisé non relu

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van se couvrirent de constructions pour les frégates la Piémontaise. la Sultane, la Bellone. les corvettes l’Espiègle, l'Audacieuse et un grand nombre de canonnières. Ces dernières surtout devaient être mises en état très rapidement pour gagner les parages de Boulogne. Les lettres de Decrès se succèdent plus impérieuses, plus pressantes. L'activité du maître a gagné le ministre. Bonaparte rêve de frapper dans son ile même l’insaisissable ennemie. « Il faut tâcher, écrit Decrès, de faire partir tout ce qu'on peut réparer. » Parfois le commissaire est obligé de rappeler au ministre que les devoirs d’humanité l'empêchent d'exposer des équipages à une perte certaine sur de mauvais bâtiments, dans la périlleuse traversée de la Manche. Même insistance de la part du conseiller d’ État, Forfait, inspecteur général de la flottille nationale. Bleschamps lui annonce enfin l> 17 janvier 1804 que grâce à l’activité soutenue qui règne dans le port « 1l n’existera re rien sur les chantiers à l'époque du 20 pluviôse (10 février) et que la flotülle sera complète”.

Mais tous ces préparatifs furent inutiles : l’habile Re réussit une fois de plus à détourner vers l'Autriche les forces considérables réunies contre elle à Boulogne. La guerre continentale occupera désormais toute l'attention de l’empereur. La marine militaire négligée est de nouveau réduite à l'impuissance, tandis que les flottes anglaises parcourent les mers en dominatrices. Dans la correspondance du ministre de la Marine, les détails ordinaires du service mis à part, il n’est plus question pour la région malouine que des armements en course, et les corsaires reviennent ainsi au premier plan. Ils doivent harceler et frapper dans son commerce, un ennemi qu'on ne peut détruire. L'empereur qui n'est plus en mesure d’entreprendre de grands armements maritimes ne cesse d'encourager la course. Il accorde la croix de la Légion d'honneur à plusieurs des capitaines de corsaires qui se sont signalés par leurs exploits et leurs audacieuses croisières, tels Pierre Dupont et Robert Surcouf. Il veut même que les équipages des corsaires soient assimilés aux marins de l'Etat, comme ayant également droit à sa reconnaissance ; il décide d'accorder une solde aux officiers et matelots qui se trouveront hors d'état de continuer leurs services par suite de blessures reçues dans les combats ; les veuves des marins tués pendant la course recevront une pension’. Aussi, encouragés par la protection impériale, les

1. Arch. marine Saint-Servan; lettre du 26 mai 1803. 2. Arch. nat., BB3 228.

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