Bulletin des Lois, IL. B
, po L ILLE-ET-VILAINE A LA FIN DE LA PÉRIODE CONSULAIRE 333
armateurs malouins et servannais mirent en mer de 1803 à 1813, 197 bâtiments corsaires de divers tonnages avec un effectif s’élevant à 9400 officiers et matelots. On enleva à l'ennemi plus de 170 navires’.
Pour la surveillance des côtes de France un arrêté consulaire du 8 prairial an XI (28 mai 1803)° avait organisé cent compagnies de canonniers gardes-côtes. Le département d’Ille-et-Vilaine dut fournir 4 compagnies, les 28°, 29°, 30°, 31°, composées chacune d’un Capitaine, d’un lieutenant, d’un sergent-major, de quatre sergents, huit caporaux, huit appointés, deux tambours et quatre-vingt-seize canonmiers, soit 121 hommes par compagnie et au total 484 hommes, officiers compris. On devait choisir de préférence les militaires qui avaient obtenu leur congé ou leur retraite. Un état du 25 thermidor an XI (15 août 1803) indique la répartition des canonniers gardescôtes le long du littoral d'Ille-et-Vilaine. La 28° compagnie était établie à Cancale : 10 hommes à la batterie de La Houle, 6 à celle de l’'Anse-du-Verger, 25 à celle de l’Ile-des-Landes, 12 au fort Duguesclin et 66 au fort des Rimains. La 29° et la 30° compagnies défendaient les approches de Saint-Malo : 65 hommes à Saint-Malo, 55 hommes au fort de la Couchée, 34 au Petit-Bé, 28 au fort Républican, 36 au fort de la Varde; la 31° compagnie avait son quartier central à Saint-Servan : 37 hommes au fort de la Cité, 60 au fort de l'île Harbour, 10 à la batterie de Saint-Lunaire, 12 à celle de Saint- Briac*.
II. — Dans l'arrondissement de Redon les ressources étaient encore plus restreintes que dans celui de Saint-Malo. Les habitants vivaient pauvrement sur un sol généralement ingrat dont la plus grande partie était couverte de landes. En dehors des châtaignes et du blé noir les produits agricoles étaient rares. L'industrie des toiles qui avait repris quelque activité à Fougères, à Rennes, à Vitré, allait être de nouveau réduite à peu de chose par le renouvellement des hostilités *.
Le gouvernement consulaire était résolu cependant à prendre des mesures pour favoriser l'essor du commerce et de l'industrie. Les expositions générales et publiques des produits français devaient con-
1. Le détail se trouve dans un tableau que j'ai publié, Annales de Bretagne, t. XIV.
>. Bulletin des Lois, II. B. 283.