‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 37 sur 221 · Orain, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Orain, ouv. cité, p

4. Grâce à l’industrie, Fougères est maintenant (1913) la seconde ville du département avec 23 537 habitants.

L'ASPECT DU PAYS ET LES VILLES Ox

heureuse cité avait plus que toute autre besoin du rétablissement de l’ordre public.

À 19 kilomètres de Fougères, sur la route de Rennes, le bourg de Saint-Aubin-du-Cormier (1 102 habitants), avait été avant 1789 le siège d'une juridiction royale dont le ressort s’étendait à 19 paroisses. Il se trouvait à l'entrée de la forêt de Haute-Sève et avait vu naître Méaulle qui fut membre de la Convention.

Au voisinage de la région maritime, la petite ville d’Antrain, à 26 kilomètres de Fougères, avait fait partie du district de Dol dans la division territoriale de 1790; elle était aussi peuplée qu’aujourd' hui (1 375 habitants au lieu de 1 443) et avait été sous l’ancien régime le chef-lieu de l’importante châtellenie d’Antrain dont les. origines remontaient au x1° siècle. De sanglants combats y furent livrés en 1793 entre les Vendéens et les Mayençais de Kléber. Antrain était le chef-lieu d’un canton continuellement troublé depuis cette date par la guerre civile.

En se rapprochant de Vitré, le canton de Châtillon-en-Vendelais était aussi entièrement dominé par les chouans, si bien que quelques mois plus lard aucun votant ne s’y présenta pour le plébiscite consulaire dans les six communes qui le composaient'. Très. ancienne paroisse datant du xr° siècle, vassale des barons de Vitré, Châtillon s'était peu à peu développée autour d’une forteresse construite sur une haute colline et dominant un magnifique étang, découpé en forme de feuille de chêne. Le château avait été démoli sur l’ordre de Richelieu en 1625, et ses débris, coiffés de lierre, achevaient de donner au site un aspect des plus pittoresques *.

Vitré avait encore son enceinte de très vieilles murailles et comptait 8 800 habitants”. Son château, que la famille La Trémoille possédait autrefois, avait été déclaré propriété nationale en 1792. Comme dans toutes les villes du département, la Révolution avait entraîné une crise industrielle des plus fâcheuses et la misère était grande. Au xvu siècle, 1l y avait à Vitré un commerce très étendu pour les cuirs, les toiles. les flanelles, les chaussettes ; 40 maîtres tanneurs occupaient 90 à 100 ouvriers eton préparait annuellement de 150 à 160 000 peaux de veau, 2 500 à 3000 de vache, 2 à 300 de bœuf. La fabrication des toiles et des chaussettes donnait lieu à

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