‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 38 sur 221 · Guillotin de Corson, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Guillotin de Corson, ouv. cité, p

3. La population n’a guère augmenté depuis (10613 habitants en 1913).

un trafic des plus actifs avec toute la basse Bretagne ; mais l'insurrection permanente de la contrée, empêchant depuis longtemps toute transaction, les deux tiers des habitants avaient été réduits à un état voisin de l’indigence. & Les ouvriers ne gagnaient plus à beaucoup près leur nourriture ; il n'y avait pas 50 familles dans l'aisance!. » La terreur des chouans hantait tous les esprits, le fanatisme et l'égoïsme dominaient toutes les campagnes voisines. Au plébiscite de l’an VIII, dans l'arrondissement de Vitré, 23 communes seulement sur 62 exprimeront leur avis, et il n'y aura pour Vitré même que 215 suffrages, malgré les efforts du président de l'administration municipale, Jean-Pierre Mesnage.

Dans les environs de Vitré, La Guerche avait été chef-lieu de district et comptait 3578 habitants, population supérieure au chiffre actuel ; à 15 kilomètres les forges de Martigné-Ferchaud, créées au xvu siècle, fournissaient 300 000 livres de fer par année avant 1789. Le minerai qu'elles employaient était extrait du territoire de la commune de Rougé, limitrophe d'Ille-et-Vilaine, dans le département de la Loire-Inférieure. Sur la route de Martigné à Rennes, Retiers étail, avec ses 2 800 habitants, un point d'appui des plus sérieux pour les autorités républicaines du département. Seule dans l'arrondissement de Vitré cette bourgade, au moment du plébiscite consulaire, donnera 581 suffrages approbatifs des événements de Saint-Cloud *: c'est qu'en effet Retiers suivait volontiers la politique de son curé très populaire depuis longtemps dans le pays : l'abbé Dubourg-Lancelot, né dans la région, à Marcillé-Robert, avait été pourvu de la cure de Retiers depuis 1776. Il fut élu député à la Consliluante, le 12 septembre 1789, avec Quéru de la Coste, recteur de Sunt-Jean-de-Rennes, pour remplacer les abbés Hunault et Guillou, démissionnaires, et 1l prêta sermentà la Constitution civile du clergé.

Redon comptait 3 700 habitants et servait d'entrepôt à toutes les marchandises amenées par le cabotage de Bordeaux, de Nantes, d’autres ports de l'Océan et qui pénétraient ensuite vers le bassin de tennes par la vallée de la Vilaine. On y construisait beaucoup de navires de faible tonnage. Souvent inquiétée par les chouans à cause de sa position importante aux confins de trois départements, la ville allait être occupée par eux durant deux jours, au début même de l'an VIIL*. Bain, qui avait été chef-lieu de district de 1790 à 170, élait également très menacé par les insurgés.

1. Abbé Paris-Jallobert, Journal historique de Vitré, 1880, p. 492. 2. Voir chap. 3e.

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