VIII INTRODUCTION
Il montra à l’occasion beaucoup d'initiative et sut résister parfois aux lettres impératives des ministres Fouché et Chaptal; les préfets du Consulat n’ont pas encore le goût de l'approbation passive à l'égard des circulaires ministérielles, ni la docile souplesse des préfets de l’Empire en présence de la volonté napoléonienne. Borie présida la première réunion du Conseil général et organisa non sans peine . les nouvelles municipalités et les différents conseils d'arrondissements. Dans les nominations qui dépendaient directement de lui, comme dans les désignations qu'il propose au choix du Premier Consul, nous le trouvons complètement d'accord avec les intentions de Bonaparte. Les nouveaux membres des divers conseils sont des négociants connus, des fonctionnaires, des propriétaires, ou des hommes de loi, avocats, avoués, représentants de cette classe moyenne qui a donné tant de gages sérieux à l'œuvre révolutionnaire. Borie, approuvé par Bonaparte, appelle presque toujours dans les mairies les hommes qui ont participé à la conduite des affaires de la région durant la période républicaine. Quelques années plus tard l'Empereur abandonnera peu à peu la politique du Premier Consul ; il appellera de plus en plus aux fonctions administratives des représentants de l’ancien régime ou des ralliés qui, au moment des revers impériaux, ee la restauration royaliste.
Borie sut rassurer les détenteurs de biens nationaux fort mquiets. et maintenir dans les bourgades rurales un calme très menacé par la perspective de la conscription, en obtenant des ministres de la guerre, Carnot et Berthier, un régime spécial pour son département au cours des années 1800 et 1801. Son rôle fut rendu souvent délicat par le maintien de l’état de siège dans la plupart des communes du département. I fallut prévenir ou régler plus d’une fois les conflits entre les administrations civiles et les autorités militaires et à diverses reprises, les déclarations à la fois fermes et mesurées du préfet durent apaiser la fougue gasconne de Bernadotte, commandant en chef de l’armée de l'Ouest.
Dans les affaires religieuses, Borie qui pressentait fort bien les résolutions du Premier Consul et souhaitait d’ailleurs personnellement le rétablissement des relations officielles avec le Saint-Siège, pratiqua la plus grande tolérance. Aussi, au terme de sa gestion préfectorale, le clergé réfractaire était déjà le maître de la situation dans l'Ille-et-Vilaine.
Le 27 mars 1802 Borie fut appelé à siéger au Corps législatif : cette désignation, faite par le Sénat, fut unanimement approuvée. On ne saurait douter que par sa droiture et sa loyauté, Borie n'ait