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LES TROUBLES DE LA SECONDE CHOUANNERIE (ANS VII ET IUT

y faire des réquisitions et massacrèrent ceux des habitants connus par leur dévouement aux institutions républicaines. Tous les commissaires du Directoire près les administrations cantonales durent, pour éviter une mort certaine, quitter les petites communes et se réfugier dans les bourgs plus importants. Des arrêtés successifs de l'administration centrale autorisèrent plusieurs des administrations municipales les plus menacées à transférer leurs archives et le siège de leurs séances dans d’autres localités : ce fut le cas pour celle de Renac transférée à Redon, de Noyal-sur-Vilaine transférée à Servon, d'Ercé-en-Lamée établie à Bain. De même les administrateurs du canton de Bruz se réfugient à Rennes et ceux du canton de Roz-sur- Couesnon trouvent un asile provisoire à Saint-Broladre‘. Le 3 germinal an VII (23 mars 1799), cinq républicains sont assassinés à Tremblay (canton d’Antrain); le 20 prairial (8 juin), un fourgon chargé d'argent, venu de Paris et portant une somme de 96 000 francs destinée au payeur de Rennes, est saisi par les chouans sur la route de Vitré à Châteaubourg ; les soldats d’escorte sont massacrés ou mis en fuite’. Les administrateurs municipaux de Vitré écrivent à Rennes une letire de détresse qu'ils confient à des citoyens résolus, car les communications sont absolument interceptées. La ville est comme assiégée par les chouans et le cantonnement de Châteaubourg sérieusement menacé *.

IT. — L'administration centrale faisait pourtant tous ses efforts pour arrêter les progrès du mal. Elle se composait à cette date d'Alexis Legraverend, président, de Anger, Labbé le Jeune, Delatouche, Lebreton, administrateurs, et de Baymé, commissaire du Directoire exécutif.

Alexis Legraverend, âgé de 48 ans, appartenait à une famille rennaise de bourgeoisie aisée. Son frère Guillaume, juge au tribunal de Rennes, devait faire bientôt parte du nouveau tribunal d'appel créé en 1800. Il était avocat en 1789. Ses relations le firent appeler au secrétariat général du département lors de la première organisation du CL Ille-et-Vilaine quand ileut Borie pour neatIenEt, Il rencontra les mêmes inimitiés et fut destitué par Carrier en décembre 1793. Quelques mois plus tard, le 11 octobre 1794,

. Arch. dép., L 261. Arrêtés des 13 et 26 vendémiaire an VIIT, et Arch. nat., B 1 we 194 bis. Documents du plébiscite de l'an VIIT. . Arch. dép., 26 P 6. Lettre du commissaire du Directoire au ministre de la police, 21 ua an VI, 3. Arch. nat., F7 3670.

était rappelé au même poste par le représentant Boursault. Au début de 1795, il abandonna sa charge pour devenir chef du bureau central des subsistances militaires près le département d'Ille-et-Vilaine. En l'an V, il fut appelé au remplacement provisoire d'un des membres de l'administration centrale éloigné par la loi du 19 fructidor. L'assemblée électorale de l'an VI le nomma administrateur pour 5 ans etle 15 floréal an VII (4 mai 1799) il avait été nommé président du département”. |

Son collègue Anger du Grandbois, 51 ans, ancien inspecteur de l'enregistrement, était un propriétaire d'une assez grosse fortune pour le département (4 000 francs de revenus); il avait été nommé administrateur à l'assemblée de l'an VI et devait figurer plus tard parmi les membres du Conseil général et du Collège électoral en

Pierre Labbé le Jeune, 55 ans, était originaire de Saint-Servan ; architecte et entrepreneur, 1l ÿ devint officier municipal en 1700, puis administrateur du district de Saint-Malo; en l’an IV, on Jui avait confié les fonctions d'administrateur du département.

Delatouche (François), 44 ans, était en 1789 notaire de la baronnie de Vitré, procureur fiscal de plusieurs juridictions, notamment celle de Malnoë ; le 31 mars 1789 il présida l’Assemblée électorale de Montreuil-des-Landes”*. Il devint procureur de la commune de Billé en 1790, puis en 1991 administrateur du district de Fougères, procureur syndic en 17093. Carrier ordonna de l’incarcérer. Le représentant Boursault le fit mettre en liberté et le désigna pour les fonctions de vice-président du district. L'Assemblée électorale le nomma administrateur le 20 germinal an VI, en même temps que Legraverend, Labbé le Jeune et Anger. En 1803 il devint membre du Collège d'arrondissement‘.

Lebreton (Joseph-Benoît)” était le plus jeune des administrateurs. Agé de 37 ans, il avait été admimistrateur du district de Montfort de 1792 à 1799, puis en 1796 président du canton de Montfort: il était commissaire près la municipalité de Montfort lorsqu'en thermidor an VIT (uillet 1799) il fut appelé aux fonctions d'administrateur du département.

. Arch. dép., L 342.

. Arch. dép., F1C r1 Ille-et-Vilaine, 2.

. Lesort I, 200.

. Voir chapitre r1.

. Il ne faut pas le confondre avec Lebreton (Pierre-François) qui fut député d’Ille-et- Vilaine à la Législative, à la Convention et aux Anciens.

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