LES TROUBLES DE LA SECONDE CHOUANNERIE (ANS VII ET VIH
René-Pierre Baymé, du même âge que Lebreton, était commissaire du Directoire près l'administration centrale. En 1992 il avait été membre du Conseil de la commune de Rennes; destitué par Carrier comme suspect de fédéralisme, il fut nommé administrateur du département en 1795 par les représentants Guezno et Guermeur, et l'Assemblée électorale de 1796 lui continua ses fonctions. Il présida l'administration centrale avant Legraverend. Depuis le 28 germinal an VIT (19 avril 1799) 1l était commissaire près cette administration.
Tous ces admimistrateurs étaient des hommes courageux, mais forcément inquiets de l'avenir dans un tel désarroi. Ils ne cessent d'appeler sur le département la sollicitude du ministre de l'Intérieur, mais ce dernier, qu'il s'appelle François de Neufchâteau ou Quinette, ne paraît guère s'émouvoir des appels que lui envoient de consciencieux administrateurs provinciaux. Il se borne le plus souvent à mettre en marge de leurs requêtes : écrire au ministre de la Guerre ; celui-ci (c'est Bernadotte en 1799) qui n’a pas de régiments à envoyer dans l'Ouest, ne prend aucune mesure décisive et l’administration centrale abandonnée à elle-même essaie, comme elle le dit « de comprimer les factieux et de remonter l'énergie des patriotes ». Elle multiplie les proclamations et prescrit de donner la plus grande publicité possible à tous les arrêtés qu'elle prendra contre les communes suspectes de sympathie pour les chouans ou trop hésitantes à se défendre contre leurs incursions. Les arrêtés seront imprimés au nombre de 1 200 exemplaires et affichés par les soins des administrations municipales'. Par un arrêté du 14 fructidor an VII (31 août 1799) elle supprime le droit de chasse dans tout le département? et sur sa demande les tribunaux militaires montrent une grande sévérité: le 21 messidor (9 juillet), le 2° Conseil de guerre de la 13° division militaire à Rennes condamne à la peine de mort quatre laboureurs ayant fait partie d’un rassemblement armé”. On applique également la loi du 10 vendémiaire an IV (2 octobre 1795) sur la responsabilité des communes: celles de Tremblay, Mellé, Landéan, Laignelet, Saint-Germain-en-Coglès, dans les environs de Fougères, sont déclarées responsables des assassinats commis en germinal par les chouans. Le 12 floréal au VIL (1° mai 1799) le Tribunal civil de Rennes les condamne chacune à payer 5 000 francs comme indemnité aux veuves et enfants des victimes, et 5 000 francs