‹ Le Régime Consulaire en BretagneChapitre 44 sur 221 · Arch. dép., L · texte numérisé non relu

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SnArch-dép,1 Ru

à la République comme amende, soit un total de 50000 francs. Un jugement de même nature est rendu le 2 messidor (20 juin) à la requête du commissaire du directoire exécutif contre les communes de Saint-Jean-sur-Vilaine, Balazé et Izé: elles doivent payer 96 000 francs à la caisse du département comme responsables d’avoir laissé se rassembler sur leurs territoires les insurgés qui ont pillé le fourgon de Paris contenant pareille somme‘. Mais l'administration centrale était hors d’état de faire respecter ses arrêtés d’une manière efficace et d'assurer la sécurité publique, car au moment où le maintien d’une force armée imposante aurait été nécessaire, presque toutes les troupes actives avaient été appelées à la défense des fronüères si dangereusement menacées par la seconde coalition. Il ne restait plus dans le département que deux ou trois demi-brigades (notamment la 52° de ligne et la 13° légère) : les autres contingents étaient fournis par la garde nationale. Pour augmenter les forces de police intérieure dans les départements de l'Ouest le gouvernement du Directoire fit voter la loi du 14 messidor an VIT (2 juillet 1799) relative aux compagnies franches qui seraient formées par des conscrits que les lois précédentes n'avaient pas encore appelés au service actif. Ces compagnies devaient être employées à garder les côtes, les batteries, et à maintenir la tranquillité intérieure. Elles devaient être armées et habillées par les soins des administrations centrales et porteraient l'uniforme de l'infanterie de ligne”. *

L'administration centrale n’osa point procéder à l’organisation de ces compagnies dans les formes prescrites par l'arrêté du gouvernement, car elle craignait de fournir des armes à l'insurrection en laissant aux autorités locales le soin de réunir leurs contingents et de les équiper. D'accord avec le général en chef de l’armée d’Angleterre, elle décida de faire venir dans les principaux centres urbains et surtout à Rennes les jeunes gens qui auraient été désignés par leurs administrations municipales respectives ; l'indemnité de route serait de trois francs par lieue et une fois arrivés à destination les hommes devaient recevoir leur solde et les fournitures militaires *. Féburier critique fort cette mesure, dont les résultats furent en effet très fâcheux, malgré les bonnes intentions des administrateurs. Rendus à Rennes, les réquisitionnés n’y trouvèrent ni solde, ni pain, ni armes; pendant qu'ils étaient ainsi absents de leurs demeures, les rebelles avertis de leur départ venaient les piller. Cette

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